La crise qui secoue actuellement l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), dans le cadre du processus de désignation de son nouveau président, s’est invitée au conseil des ministres de ce mercredi 4 mars 2026. Interpellé par la presse, au sortir du conclave gouvernemental, le porte-parole du gouvernement n’a pas caché sa désolation face à une situation qu’il juge « déplorable et regrettable ».
Ce qui devait être « un moment démocratique et fraternel » s’est transformé, selon les journalistes qui ont questionné Amadou Coulibaly, en une crise ouverte, désormais portée devant les juridictions. Une évolution que le ministre de la Communication dit regretter profondément.
« Nous nous souvenons de cette UNJCI où, avant la fin du mandat du prédécesseur, on connaissait déjà le successeur parce qu’il y avait de la confraternité. Tout se faisait de façon consensuelle », a-t-il rappelé. Déplorant la rupture de ce consensus, il s’est dit préoccupé par la judiciarisation du processus électoral interne.
Le ministre est même revenu sur un précédent malheureux. « Je me souviens qu’il y a quelques années, un des vôtres a même connu la prison à cause justement de ces élections. Tout cela est bien regrettable », a-t-il souligné, rappelant qu’au moment où l’État a procédé à la dépénalisation des délits de presse, voir des journalistes « s’envoyer eux-mêmes en prison » pour des questions électorales internes est, selon lui, « surprenant et vraiment dommage ».
Évoquant l’implication de son département, Amadou Coulibaly a indiqué que le ministère a été saisi au sujet de promesses non tenues par le passé, notamment des promesses de maisons, de véhicules et d’ordinateurs au profit de journalistes.
« Avec l’ASDM (Agence de soutien et de développement des médias, ndlr), nous nous sommes engagés à satisfaire toutes ces promesses et nous l’avons fait », a-t-il assuré. Selon lui, cette démarche visait à renforcer la crédibilité de l’Union et à assainir le climat interne. « Ceux qui devaient recevoir des maisons les ont reçues ; ceux qui devaient recevoir des voitures les ont reçues ; ceux qui devaient recevoir des ordinateurs les ont reçus », a-t-il insisté.
Pour le porte-parole du gouvernement, l’heure doit être à l’apaisement. « Il faut que tout le monde soit habité par la raison », a-t-il lancé, non sans une pointe d’amertume. « Quand je vois s’étriper ceux qui sont chaque jour en train de critiquer les politiques, pour des questions de liste électorale non validée, de candidature contestée ou non, je me demande où on est », a-t-il ajouté.
Répondant à une question liée aux accusations du président sortant de l’UNJCI, Jean-Claude Coulibaly, qui reprocherait notamment au ministre de la Communication de s’immiscer dans le processus et de soutenir un camp, Amadou Coulibaly s’est montré ferme. « Je n’ai rien à dire sur ces accusations fallacieuses, qui ne reposent sur absolument rien », a-t-il répliqué. Il a précisé que son département a simplement été saisi par des acteurs de l’UNJCI et que sa position reste inchangée : « ramener le consensus dans la maison ».
« Il n’y a pas d’autres positions. Maintenant, je laisse chacun à ses accusations, je n’ai pas d’autres commentaires là-dessus », a conclu le porte-parole du gouvernement.
MD