Dr Assétou Laurence Kamara, candidate déclarée au poste de PCA : « Il faut laisser la MUGEFCI aux spécialistes »

Dr Assétou Laurence Kamara appelle à une élection paisible à la MUGEFCI

 « La MUGEFCI court à sa perte »

Dr Assétou Laurence Kamara est médecin, économiste de la santé, diplômée en gouvernance mutualiste. Elle est candidate au poste de président du conseil d’administration (PCA) de la Mutuelle générale des fonctionnaires et agents de l’Etat de Côte (MUGEFCI). Tête de liste du Groupe Solidarité-Egalité (GSE), elle évoque dans cette interview le dépôt des candidatures, qui se déroule du 5 au 19 mars

Les élections à la présidence du conseil d’administration (PCA) de la MUGEFCI sont prévues pour le 18 avril prochain. Seriez-vous candidate ?  

Effectivement, je serai encore candidate, parce qu’il y a beaucoup à apporter à notre mutuelle. C’est une mutuelle de santé qui existe depuis 1973 et nous remarquons que 53 ans après, elle est restée à l’état embryonnaire. Il faut lui donner un souffle nouveau. C’est dans cette dynamique que je me suis inscrite. Je suis la tête de liste du Groupe solidarité-égalité. Nous avons un programme bien défini pour relever la MUGEFCI ; un programme que nous allons décliner au moment venu. 

Est-ce là votre motivation principale ?

Notre principale motivation est que nous avons quelque chose à proposer et à apporter aux mutualistes. Nous devons remettre la mutuelle sur les bons rails ; la remettre dans son rôle principal, qui est de contribuer à l’amélioration de l’état de santé et du bien-être des mutualistes. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Si la MUGEFCI se portait bien, peut-être qu’on ne serait pas candidats.  Cette motivation est suffisamment importante pour que nous nous lancions dans cette quête de santé et bien-être des mutualistes.

Le bilan du PCA sortant de la MUGEFCI ne vous satisfait donc pas

C’est comme si on lui avait donné un véhicule de puissance capable de rouler à 300km/h, mais qu’il le fait rouler à seulement 10km/h. La première remarque, c’est que je ne vois aucune réalisation concrète durant tout son mandat. Quand je lis le bilan de gestion de notre très cher PCA, ça ressemble plus à des activités de gestion quotidienne. Mais quelle est la touche de ce mandat ? Il n’y en a pas. Surtout, comparé à ses prédécesseurs. 

Pour gagner, il faut être nombreux. Songez-vous à des alliances ?  

Nous sommes effectivement sur le terrain. Le fait d’être dans ce milieu depuis 2017, fait que nous avons appris à connaitre les mutualistes, les syndicalistes. Nous sommes à même de savoir vers qui nous orienter. Nous avons choisi de nous orienter vers les personnes non seulement qui ne trainent pas de casserole, mais qui partagent certaines valeurs morales de conviction, de détermination ;  de   probité et de service aux autres. Nous sommes alliés à des personnes qui partagent ces mêmes valeurs que nous. Nous sommes donc alliés au grand syndicaliste Pacôme Attaby et sa centrale syndicale. Nous le sommes également avec le RICI de Bertoni Kouamé, qui est aussi un homme de vision. Il y a bien d’autres jeunes syndicats comme la LISEF et des associations médicales qui sont venus nous rejoindre, parce qu’ils partagent ces mêmes valeurs. Notre but est de gagner pour mieux servir les mutualistes. Nous voulons gagner avec la bonne manière. 

Parmi les candidats qui se déclarent, vous êtes la seule issue du personnel soignant. Puisqu’on parle de mutuelle de santé, voyez-vous cela nécessairement comme un avantage ?  

Le fait d’être médecin est un avantage pour moi. Souvent, j’entends dire sur les réseaux sociaux qu’il ne suffit pas d’être médecin pour être à mesure de diriger la MUGEFCI. C’est normal que certains pensent ainsi, parce que ce sont des adversaires. Mais, c’est un véritable atout, parce que nous sommes dans une mutuelle de santé. Le décideur qui ne sait pas sur quoi se baser pour décider, sera obligé d’attendre les conseils de quelqu’un d’autre pour diriger. Toutefois, le décideur qui connait sa matière de travail, a des décisions qui émanent de lui-même et il reste avisé. Ça devient un atout indispensable. Il est bon que le dirigeant puisse faire la part des choses dans ses prises de décisions. Il est important que les mutualistes sachent qu’être du corps de la santé est un avantage. Bien sûr, cela doit être combiné à d’autres atouts de management. Et nous avons la chance d’avoir d’autres cordes à notre arc. Surtout en termes de gestion et de management. Mais le principal, c’est de savoir prendre des décisions sur les questions de santé.

Certains pensent qu’ils sont favoris à cette élection, parce qu’ils ont participé à la lutte pour l’obtention des primes des enseignants

Au tout début, c’était une lutte pour la prime et chemin faisant, on a constaté que certains leaders syndicaux s’en servaient en prélude aux élections à la MUGEFCI. Ce sont deux choses diamétralement opposées. De plus, la prime ne concerne pas seulement les enseignants. Nous avons eu la chance d’être dans le comité qui a reçu le cabinet mandaté par le gouvernement pour les discussions autour de cette question. Lors des discussions, nous nous sommes rendu compte que ce sont tous les fonctionnaires qui sont désormais concernés par les primes. Certains s’octroient le leadership de cette lutte et pensent que cela leur ouvre la possibilité de briguer le poste de PCA de la MUGEFCI. La prime et la gestion de la mutuelle sont deux choses différentes. D’un côté, on parle d’argent et de l’autre, il s’agit de la santé, de la vie des fonctionnaires et agents de l’Etat. La santé est trop précieuse pour la brader. Notre santé, c’est notre vie. Sachons faire la part des choses.

Pensez-vous pouvoir gagner ces élections ?

S’il plait à Dieu, nous allons gagner. Nous sommes optimistes. 

On constate qu’il y a très souvent des querelles, pendant ces élections. Pourquoi ?

C’est vrai. Nous venons de finir avec les élections de la Mutuelle d’épargne et de crédit des fonctionnaires de Côte d’Ivoire (MUCREF-CI). Mais, il y a eu déjà une crise en son sein. C’est tout le temps pareil. A chaque élection, il y a des crises avant, pendant ou après. C’est aussi parce que la MUGEFCI n’est pas vue sous le même angle par tous les prétendants. Pendant que certains la voient comme un gâteau à partager entre copains, d’autres la considèrent comme cet outil de solidarité qui peut servir à tout le monde. Il est vital que la MUGEFCI se dote de textes avec beaucoup plus de preuves de compétences et de probité. Aujourd’hui, nous sommes dans une situation où notre mutuelle est prise en otage par deux groupes de syndicats opposés.

Ces syndicats viennent de quel corps ?

Ils viennent du secteur éducation/formation. C’est le secteur du plus grand nombre de fonctionnaires. Malheureusement, ce sont ceux-là qui souffrent le plus, vues les conditions pénibles d’exercice de leur profession. 

L’unanimité autour d’un seul candidat est-elle possible?

C’est un rêve. Ce serait une très bonne chose. Si j’avais le pouvoir, on mettrait en avant d’abord les compétences. Nous parlons de santé. Le bricolage n’a pas sa place ici.  Il est temps qu’on fasse place à autre chose, c’est-à-dire, les compétences. Sinon, à ce rythme, nous allons perdre notre mutuelle. Aujourd’hui, c’est l’insatisfaction totale. Sauf pour un club d’amis qui se réjouit. J’en appelle donc à un sursaut d’amour autour de notre mutuelle. Parce qu’elle court à son inutilité pour la majorité des mutualistes. Nous avons eu de façon successive, trois enseignants comme PCA de la mutuelle. Il faut essayer autre chose. Il faut essayer des spécialistes de la santé. Nous avons hérité de cette mutuelle, il est bon que nous la léguions en bon état à nos enfants.

Interview réalisée par Raphaël Tanoh

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