En quête d’un passeport ivoirien : Elye Wahi enfin prêt à rejoindre les Éléphants ?

Un message et le débat est relancé. Lundi 9 mars, le consul général de Côte d’Ivoire en France, Issiaka Koné, publiait une photo accompagnée d’une phrase qui n’est pas passée inaperçue. Il se disait « heureux de recevoir notre compatriote futur international ivoirien » pour l’enrôlement au passeport biométrique. Le joueur en question  : Elye Wahi, attaquant de l’OGC Nice. Formule diplomatique ou véritable indice d’un futur appel de l’attaquant franco-ivoirien avec les Pachydermes ? En Côte d’Ivoire, la phrase a immédiatement ravivé un dossier jamais totalement refermé.

Un parcours longtemps bleu

Formé à Montpellier HSC, puis passé par RC Lens et à Olympique de Marseille, Wahi s’est construit dans l’écosystème des sélections françaises. Des U16 jusqu’aux Espoirs dirigés par Thierry Henry, l’attaquant de 23 ans a empilé les convocations.

Treize sélections et trois buts avec les Espoirs, mais aucune apparition chez les A de Didier Deschamps. Une situation qui, selon les règlements de la FIFA, laisse la porte ouverte à un changement de sélection.

En avril 2022, sur France Bleu Hérault, Elye Wahi résumait sa position sans ambiguïté. « Pour l’instant, c’est la France avant tout, mais je ne ferme pas de portes », avait-il laissé entendre. Une phrase prudente, souvent interprétée comme un refus de la sélection ivoirienne en faveur de la tunique tricolore. Courtisé par les Éléphants à l’époque de Jean-Louis Gasset, alors sélectionneur de la Côte d’Ivoire, Wahi avait jusqu’ici privilégié la continuité de son aventure internationale avec la France. Mais en juin 2025, lors d’une première visite symbolique en Côte d’Ivoire, l’attaquant avait lui-même entrouvert la porte. « Le pays de mes parents m’appelle. On verra ce que l’avenir réserve », avait-il déclaré.

Une trajectoire en zigzag

Sur le terrain, le parcours du natif de Courcouronnes n’a rien d’un long fleuve tranquille. Après des débuts prometteurs à Montpellier, il signe sa saison référence en 2022-2023  : 19 buts et 5 passes décisives en 33 matchs. La suite est plus accidentée. Passage contrasté à Lens, aventure compliquée à Marseille, puis un épisode discret à l’Eintracht Francfort, où il ne trouve pas le chemin des filets en 18 rencontres. À Nice, l’attaquant semble toutefois retrouver de l’air. Trois buts lors de ses six premières apparitions, malgré son passage actuel par la case infirmerie , de quoi relancer une carrière qui avait pris un sérieux coup de frein.

Un timing qui interroge

C’est dans ce contexte que la demande de passeport ivoirien prend une dimension particulière. À 23 ans, Elye Wahi reste un attaquant en construction. Et en équipe de France, la concurrence est féroce : Kylian Mbappé, Bradley Barcola ou encore Michael Olise occupent déjà l’espace offensif. Du côté des Éléphants, la perspective est différente. Le sélectionneur Emerse Faé pourrait voir en lui un renfort intéressant pour préparer l’avenir offensif de la sélection, derrière des profils comme Sébastien Haller ou Wilfried Zaha.

Une porte qui s’entrouvre

Pour l’instant, le jeune attaquant ne dit rien. Pas de déclaration, pas d’annonce officielle. Juste un acte administratif. Mais dans le football des sélections, ces gestes comptent parfois autant que les mots. Ce passeport ivoirien, s’il est confirmé, pourrait bien être le premier pas vers une nouvelle histoire internationale. La suite dépendra du joueur. Et peut-être du prochain appel du sélectionneur ivoirien en marge de la Ligue des champions.

Le sujet des binationaux

Joint par nordsud.info, le journaliste sportif Sanh Severin, fin connaisseur du football ivoirien, apporte un éclairage plus large. « C’est vrai qu’il avait dit non à la sélection mais, aujourd’hui, sa posture est différente. Le plus important actuellement avant la Coupe du monde, c’est l’apport qu’il pourrait représenter pour la sélection. À ce niveau, tout dépendra du système de jeu et de l’animation offensive proposée par le sélectionneur », explique-t-il.

Du refus initial à l’adhésion tardive, l’hypothèse d’un choix de la sélection ivoirienne par défaut, dans un contexte de concurrence élevée en équipe de France et de trajectoire sportive irrégulière, alimente inévitablement le débat sur l’attachement réel du joueur à la sélection. Pour Sanh Severin, la question doit être abordée avec pragmatisme : « c’est un problème que toutes les nations africaines connaissent. Il ne faut pas trop en vouloir aux binationaux  : beaucoup sont nés à l’extérieur et y ont construit leur parcours. Ils ont naturellement envie d’y évoluer ». Le journaliste rappelle aussi que la Côte d’Ivoire elle-même a déjà bénéficié de ce type de choix tardifs.

« Nous avons remporté la CAN avec plusieurs binationaux qui se sont décidés sur le tard, comme Jonathan Bamba ou même Sébastien Haller. Leur apport a été visible. À partir de là, le rôle du sélectionneur est de faire les choix au moment opportun, en fonction des profils capables de renforcer l’équipe », souligne-t-il… Avec pragmatisme.

CA

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