Plusieurs préoccupations majeures ont été soulevées en marge du conseil des ministres de ce mercredi 4 mars 2026, notamment le remblayage dit illégal, la cherté des loyers et les coupures récurrentes d’électricité. Face à la presse, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a apporté des éléments de réponse, tout en appelant à la responsabilité collective.
Sur la question sensible du remblayage, souvent dénoncé pour ses impacts environnementaux, le ministre a invité à la prudence. « Je voudrais vous inviter à vous adresser aux ministères techniques et à sortir de toutes les affirmations qui sont faites sans preuves véritables sur cette question », a-t-il déclaré.
S’il reconnaît que des cas de remblayage existent, y compris des cas illégaux, il a rappelé que nombre d’opérations observées, s’inscrivent dans un cadre légal. « La plupart de ces remblayages étaient prévus dans le cadre du développement du Grand-Abidjan, notamment dans la zone portuaire », a-t-il expliqué, évoquant des autorisations délivrées par l’État depuis les années 1960, 1970, puis dans les années 1980 et 1990, pour accompagner l’expansion des activités portuaires.
Concernant les opérations illégales, le porte-parole du gouvernement assure que des sanctions existent et sont appliquées. Toutefois, l’exécutif entend aller plus loin. « Le gouvernement, saisi de la question, a compris qu’il faut aller vers un renforcement de ces sanctions », a-t-il indiqué, précisant que toute action se fera dans le strict respect de la loi : « ce que la loi n’a pas prévu, on ne peut pas l’inventer ».
Cherté des loyers : l’appel à la responsabilité des citoyens
Autre sujet brûlant, la flambée des loyers, régulièrement dénoncée par les populations. Sur ce point, Amadou Coulibaly a rappelé que des mesures gouvernementales ont déjà été prises pour encadrer le nombre de mois de caution et d’avance exigés par les bailleurs.
« Il y a une décision qui a été prise depuis plusieurs années pour limiter le nombre de mois de caution », a-t-il relevé. Mais dans une économie libérale, les transactions locatives relèvent souvent d’accords entre privés. « Si vous décidez, en dépit de la décision du gouvernement, de payer plus de mois de caution et de loyer, qu’est-ce que le gouvernement peut faire, surtout quand il n’y a pas de plaintes ? », a-t-il interrogé.
Le ministre a insisté sur la nécessité de formaliser les contrats de bail. Selon lui, l’absence de contrat formel complique les contrôles et favorise les abus. « Si vous partez louer de façon informelle sans contrat de bail, quel contrôle voulez-vous que l’on puisse exercer là-dessus ? », a-t-il fait remarquer, appelant chaque citoyen à veiller au respect des textes en vigueur.
S’agissant enfin des coupures d’électricité devenues récurrentes depuis le début de l’année, le porte-parole du gouvernement s’est voulu rassurant. Il a précisé que la Côte d’Ivoire produit suffisamment d’énergie pour couvrir sa consommation.
Les difficultés actuelles seraient davantage liées au réseau de distribution qu’à la production. « Nous avons quelques problèmes, non pas en termes de production, mais en termes d’équipements », a-t-il expliqué. En période de forte chaleur et de rareté des pluies, la pression sur les installations s’accentue, entraînant parfois des incidents techniques, comme des défaillances sur des transformateurs.
Le ministère en charge de l’Énergie a, selon lui, engagé un plan de renouvellement des équipements du réseau de distribution. « À l’issue de la mise en œuvre de ce plan, ce problème sera derrière nous », a promis le porte-parole du gouvernement.
MD