Taxi Conteur : « Zoumana, Omega David, etc. : leur relève est assurée »

par NORDSUD
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Le metteur en scène et président de la Fédération nationale du théâtre en Côte d’Ivoire (Fenath-CI), Adama Adepoju dit Taxi Conteur, nous parle de l’évolution du théâtre dans le pays.

Quelle  est la situation du théâtre en Côte d’Ivoire ?

 J’entends souvent dire que le théâtre est mort en Côte d’Ivoire.  Je m’inscris en faux en cela. Le théâtre n’est pas mort. C’est vrai qu’il y’a moins de fréquentations des salles de théâtres depuis la crise. C’est le même cas au cinéma. Je pense qu’il y a  un déficit de communication sur ce qui est fait. Mais le théâtre vit à travers diverses formes de représentations comme  l’humour, le conte. Ces artistes se servent  du théâtre qui est un genre culturel  basé sur le récit. Il y’a aussi  des productions de théâtres  qui se font à la Fabrique culturelle,  à la salle Bitty Moro  de  l’Insaac ,à l’institut  Goethe, etc.

Après plusieurs tentatives pour redynamiser  le théâtre Ivoirien, où en êtes-vous ?

Avec les activités de la Fenath-CI qui existe depuis deux ans, nous tentons avec les acteurs du secteur, de mettre en avant la formation.  Pour cela faire, nous avons fait venir un très grand metteur en scène  Hassane Kassi Kouyaté, directeur de festival des écritures à la scène de Mimoje, qui est venu en Côte d’Ivoire à la rencontre des metteurs en scène, des acteurs, des comédiens, afin de parler de  la mise en scène et de l’art du théâtre. Il y’a aussi la semaine nationale du théâtre que nous avons organisée en 2023, en faveur de la journée mondiale du théâtre, qui a lieu chaque 27 mars dernier. Notre  objectif est  d’apporter les créations théâtrales vers des publics cibles. Notamment des lycées, des universités et le grand public, pour permettre aux compagnies de présenter leurs pièces de théâtre. Nous avons parcouru l’intérieur du pays, en passant par l’Insaac et la clôture s’est faite à  la fabrique culturelle où nous avons offert un spectacle.

Les Ivoiriens s’intéressent-ils véritablement au théâtre ?

oui. Durant le Masa, les salles de théâtres étaient pleines à craquer. Lors de notre passage à adzopé, il y’avait dans la salle, de nombreux élèves, captivés par le spectacle qu’on leur proposait :«Lumumba».Ces enfants qu’on traite de génération Internet,  ont tous laissé leurs téléphones pour suivre le spectacle. C’est parce qu’on ne  leur propose pas des choses qui répondent à leurs centres d’intérêt qu’ils sont obligés de trouver un autre moyen de divertissement. Alors, il revient à chacun ( les faitiers, les acteurs du théâtres, le ministère)  de redynamiser ce secteur. Qui parle du théâtre parle de la vie et de la quête du beau. Alors si on leur enseigne la pratique théâtrale,  ils ne seront pas forcement des comédiens, mais garderont à l’esprit le beau .

Comment expliqueriez-vous les difficultés du théâtre aujourd’hui?

Comme l’humour et le cinéma, plusieurs secteurs d’activités ont connu  des temps difficiles. C’est ce que connait le théâtre aujourd’hui. Nous sommes en reconstruction ,et  l’évolution de la technologie a fait que les gens n’allaient plus dans les salles de théâtres et de cinéma. Mais actuellement, nous sommes dans une dynamique où les jeunes africains commencent à réclamer ce qui les définit le plus et  reviennent tout doucement vers les salles de cinema et aussi vers le théâtres.

Y’a-t-il des évènements organisés autour du théâtre?

Il y’a fréquemment des  spectacles de théâtres organisés à l’Insaac. Nous avons aussi mis en place une cérémonie qui célèbre la création théâtrale,  lors de la semaine mondiale du théâtre en  2023. Pour  sa 1ere édition, nous avons mis sur pied des récompenses pour honorer les acteurs du théâtre. Le  titre «Gado», est un hommage adressé à  Germain Koffi Gado,  pionnier du théâtre moderne en 1930 , avec Bernard Dadié et Thérèse Taba. Ces devanciers ont brisé les codes du théâtre en Côte d’Ivoire .

On a connu Zoumana, Adrienne Koutouan, Omega David, avec dimanche passion. Qui sont pour vous les acteurs qui font vivre le théâtre aujourd’hui ?

Il y’a des jeunes comme Sow Souleymane et Eva Guehi qui ont beaucoup de talent et ça fait plaisir de savoir que les jeunes s’intéressent beaucoup au théâtre. C’est pourquoi nous avons mis en place la semaine nationale du théâtre pour révéler plus de talents, et former ces jeunes à acquérir des  aptitudes à travers le théâtre,  comme la prise de parole en public. Nous pensons que la relève des devanciers est assurée.  

Que pensez-vous des événements autour du théâtre tels que ‘’ Drôle de Femme ‘’ de Carolyne Dasylva, et la ‘’ Toge des Insensés ‘’d’Eva Guehi ?

Aujourd’hui nous avons besoin de conduire le public au théâtre et toutes les contributions sont les bienvenues. Donc  il faut les soutenir parce qu’au final, c’est nous tous qui en bénéficions .

Est-ce qu’on peut réellement vivre du théâtre ?

Je tiens a préciser qu’il y’a du travail dans ce secteur. Et le théâtre nourrit son homme et sa femme, comme tout métier qu’on prend au sérieux. Il y’en a qui ne font que du théâtre , mais qui parviennent à scolariser leurs enfants et construisent des maisons.Le théâtre va vous nourrir, uniquement si vous le respectez .  

Quelles sont les actions à mener pour faire revivre le théâtre Ivoiriens ?

Je pense que c’est la conjugaison des efforts, au niveau étatique ou individuel qui emmènera le théâtre à s’éveiller. Il nous appartient de respecter notre art.

Interview réalisée par Solange Nebie

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