Alors que l’ancien chef de l’Etat, Jacob Zuma, est au quatrième jour de son séjour carcéral initialement prévu pour 15 mois et que la cour constitutionnelle réexamine son verdict, l’Afrique du Sud est le théâtre de violences meurtrières.
Au lendemain de la première nuit de Jacob Zuma dans les geôles de la prison moderne d’Estcourt, la région orientale sud-africaine (ndlr, pays Zoulou d’où Jacob Zuma est originaire et où il purge sa condamnation) est en proie au chaos.
Crescendo, les violences qui ont éclaté ce vendredi dans la province du Kwazulu-Natal, se sont accentuées et ont d’ores et déjà coûté la vie à 26 personnes, selon son Premier ministre, Shile Zikalala. Dix-neuf autres personnes ont trouvé la mort dans l’agglomération de Johannesburg, selon le bilan actualisé des autorités locales.
Le Premier ministre de la province a précisé au cours de sa conférence de presse que ces décès font suite à des « bousculades dans ce contexte d’émeutes ».
Outre la condamnation de l’ancien numéro un sud-africain, le boom de la paupérisation dans cette région suite aux mesures barrières contre la 3è vague de la Covid et leur corollaire sur les emplois et autres activités économiques semblent avoir fait sortir les populations de leurs gonds.
De fait, les manifestations contre l’emprisonnement de Jacob Zuma se sont muées en actes de vandalismes.
Courant à hue et à dia suite au pillage du centre commercial NDofaya à Soweto, 10 individus pris au piège dans le flot de la débandade ont trouvé la mort, selon les informations actualisées des autorités locales.
Un bilan alourdi par les 6 morts annoncés lundi soir par le président sud-africain, Cyril Ramaphosa.
Pour le patron de l’exécutif sud-africain, si les « frustrations et la colère » exprimées avaient « des racines politiques », « aucune cause ne peut justifier » ces violences.
En dépit de la recrudescence des pillages, le ministre de la police a assuré que la situation ne se détériorerait pas davantage. Subséquemment au constat du Premier ministre provincial qui estimait que «la police est débordée», «la Force de défense nationale sud-africaine (SANDF) a commencé les processus et procédures de pré-déploiement pour aider les forces de l’ordre déployées respectivement dans les provinces du Gauteng et du KwaZulu-Natal, pour apaiser les troubles qui ont saisi les deux provinces au cours des derniers jours.»
757 individus ont été interpellés consubstantiellement à ces émeutes .
Charles Assagba