Commandant de la 2e région militaire de Daloa : le colonel-major Fofié est décédé

Le colonel-major Martin Fofié Kouakou disparaît avec le mythe qui le caractérisait.

Le colonel-major Martin Fofié Kouakou, commandant de la 2e région militaire de Daloa, est décédé ce dimanche 9 août 2026, des suites d’une longue maladie. Figure importante de l’ancienne rébellion des Forces nouvelles, il laisse derrière lui un parcours militaire marqué par la crise ivoirienne.

L’armée ivoirienne est à nouveau en deuil. Le colonel-major Martin Fofié Kouakou, commandant de la 2e région militaire, est décédé ce dimanche 9 août 2026, des suites d’une longue maladie. L’annonce a été faite par l’état-major général des Armées, qui a exprimé ses « condoléances les plus attristées » à la famille du défunt, à ses proches ainsi qu’à l’ensemble du personnel des Forces armées de Côte d’Ivoire (FACI).

Avec la disparition de Martin Fofié Kouakou, c’est une autre figure emblématique de l’ancienne rébellion ivoirienne qui disparaît. Ancien commandant de la zone de Korhogo des Forces nouvelles, il s’était imposé comme l’un des hommes forts du mouvement rebelle. Réputé pour son autorité et sa fidélité aux Forces nouvelles, Fofié Kouakou avait joué un rôle important dans le dispositif militaire de la rébellion dans le nord de la Côte d’Ivoire.

Son parcours militaire avait commencé avant l’éclatement de la rébellion. Il avait notamment été impliqué dans le coup d’État de décembre 1999 qui avait renversé le président Henri Konan Bédié. Il sera également cité dans les événements liés à la tentative de coup d’État de 2001 contre le président Laurent Gbagbo. Au fil des années, son nom restera toutefois étroitement associé aux heures les plus sombres de la crise ivoirienne.

En 2006, Martin Fofié Kouakou avait fait l’objet de sanctions des Nations unies. L’ONU lui reprochait notamment, à travers les forces placées sous son commandement, des faits de recrutement d’enfants soldats, d’enlèvements, de travail forcé, de violences sexuelles, d’arrestations arbitraires et d’exécutions extrajudiciaires.

Ces accusations étaient notamment liées aux événements survenus à Korhogo en 2004, dans le contexte des affrontements internes ayant opposé différentes factions des Forces nouvelles.

Malgré ce passé fortement marqué par la crise politico-militaire, Martin Fofié Kouakou avait poursuivi sa carrière au sein de l’appareil militaire ivoirien après la fin de la crise.

Il avait progressivement intégré les structures des Forces armées nationales de Côte d’Ivoire, participant ainsi au processus de transformation des anciens combattants des Forces nouvelles en militaires de l’armée régulière.

Nommé colonel-major, il avait été placé à la tête de la 2e région militaire basée à Daloa, où il continuait d’exercer ses fonctions malgré un état de santé devenu fragile depuis plusieurs années.

Son décès intervient ainsi alors qu’il demeurait en activité. Plusieurs fois, des rumeurs annonçant sa disparition avaient circulé ces dernières années, avant d’être démenties. La mort de Fofié Kouakou intervient quelques jours seulement après celle du général de division Aly Justin Dem, ancien chef d’état-major général adjoint des Armées, décédé le 31 juillet 2026 à Abidjan, alors qu’il préparait le défilé militaire du 7 août, à l’occasion de la fête de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Les obsèques officielles de ce dernier sont prévues du 9 au 16 août.

La disparition de Fofié Kouakou rappelle également la disparition progressive des principales figures militaires issues de l’ancienne rébellion. Après le colonel-major Issiaka Ouattara, dit Wattao, décédé en 2020, et l’ancien préfet Koné Messamba, disparu en 2023, Fofié Kouakou constitue une nouvelle figure de premier plan des ex-Forces nouvelles à tirer sa révérence.

Marc Dossa

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