Côte d’Ivoire: La lecture pour guérir les maux

La promotion du livre se fait de plus en plus avec les enfants.

Alors que la rentrée littéraire se profile pour ce mois de décembre, on ne le dira jamais assez : lire est très utile pour les enfants. En Côte d’Ivoire, la population commence à prendre conscience de cela et les clubs de lecture se créent ici et là.

Cela fait longtemps que le combat pour pallier les insuffisances de notre système éducatif dans sa globalité se mène bon gré, mal gré. Mais, aujourd’hui, les Ivoiriens ont compris qu’il faut prendre le problème à la racine. L’un des volets de ce combat est de pousser clairement les enfants vers la lecture. Dire que le livre est au centre de la connaissance n’est qu’un euphémisme. Cependant, le matérialiser sur le terrain n’est pas toujours aisé. Pour justifier, par exemple, le retour de la dictée cette année dans le programme scolaire, la ministre de l’Education nationale et de l’alphabétisation, Prof. Mariatou Koné, a employé ces mots : «La maîtrise du français facilite l’accès aux autres disciplines telles que les mathématiques, les sciences physiques ou les sciences de la vie et de la terre». Or, pour maîtriser le français quoi de mieux que lire ?

Bibliothèque

Les autorités, les chefs d’établissements, les maisons d’édition, les ONG, etc., tous se ruent de plus en plus vers le créneau du livre.  Le 13 mars dernier, le lycée professionnel d’Adzopé accueillait son premier bureau du ‘‘club de lecture’’, suivi de l’installation d’une bibliothèque. «Les responsables du lycée professionnel ont constaté qu’après leurs formations, les étudiants avaient du mal à rédiger un simple rapport. Leur maîtrise du français est difficile. Il faut corriger cela», explique Arsène Yapi, parrain dudit club. Déjà, en février 2022, plusieurs ateliers de lectures sont prévus. Des auteurs seront de la partie.

Le 23 avril dernier, le Centre ivoirien pour le développement de la formation professionnelle (Cidfor) du ministère de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’apprentissage a procédé à l’installation du club de lecture et d’écriture de Korhogo, au Centre de formation professionnelle. Le 26 avril, c’était au tour du Centre d’enseignement technique d’Agboville de recevoir son club de lecture. Leurs installations se sont faites en présence du ministre de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’apprentissage, Koffi N’Guessan, accompagné du ministre de la Communication, des médias et de la francophonie, Amadou Coulibaly. S’il est encore difficile d’établir un nombre exact, chaque année, plusieurs clubs de lecture voient le jour.

Le Bibliobus de Dominique Ouattara

Mais, l’une des premières personnalités à s’être engagées sur cette voie est la Première dame, Dominique Ouattara, présidente de la Fondation Children Of Africa. Et c’est avec le bibliobus. S’il a démarré timidement en 2008, le Bibliobus touche aujourd’hui de plus en plus d’enfants. Il ne suffit pas de demander aux enfants de lire. Il faut aussi aller vers eux. Voilà tout le sens de cette caravane, ‘‘intemporelle’’. Dans la pratique, il s’agit de bus aménagés en bibliothèques qui parcourent les différentes villes du pays avec plus de 3000 livres d’éducation, de divertissement et de culture générale pour les enfants de 4 à 18 ans.

Le dernier Bibliobus de la Fondation Children Of Africa dénommé, «Schtroumf» est à Assinie depuis le mois d’août 2021 pour la promotion de la lecture chez les enfants. Et le bibliobus, par tradition, a un invité de marque, un écrivain. L’invité, cette semaine, était Arsène Koffi Kouadio, auteur du livre ‘‘La voix des enfants’’. Il témoigne avoir été émerveillé par la flamme que cette caravane a animée dans le regard des enfants : «C’est le meilleur moyen de faire la promotion du livre. Il faut créer cette passion chez les enfants. Et après avoir participé au Bibliobus de la Première dame, nous avons encore invité le Bibliobus lors du festival international la voix des enfants», explique Arsène Koffi Kouadio.

Pour Dominique Ouattara, l’un des objectifs de cette action est de développer l’esprit critique chez les enfants, en suscitant le goût de la lecture en eux.

Rencontres

Toute chose qui fait l’affaire des maisons d’édition, bien qu’elles ne soient pas elles aussi en retrait dans la promotion du livre. Valesse Editions, par exemple, ne lésine pas sur les moyens à ce sujet. D’après Serges Grah, responsable éditorial au sein de cette prestigieuse maison d’édition, en plus des rencontres qu’ils suscitent dans les écoles entre élèves et auteurs, il y a les concours littéraires, comme le manuscrit d’Or qu’organise Valesse Editions. Autant d’initiatives saluées par le ministère de l’Education nationale et de l’alphabétisation. Mais pour un haut cadre de ce département, il faut également l’implication des parents pour faire du livre l’outil indispensable qu’il doit être dans la construction d’une société responsable.

Raphaël Tanoh

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