Paasage par la case prison pour Claude Guéant, ministre de l’Intérieur sous le gouvernement de Nicolas Sarkozy. A 77 ans, l’ex-haut responsable étatique a été incarcéré, ce 13 décembre 2021, au centre pénitentiaire de Paris-La Santé. En cause, le non-paiement de ses amendes à l’État suite à sa condamnation dans l’affaire dite des « primes de cabinet ».
C’est un serpent de mer judicaire, datant de 2017 qui ressort la tête. L’ancien bras droit de Nicolas Sarkozy, par ailleurs directeur de cabinet, s’était versé des primes en espèces entre 2002 et 2004. Au coup de maillet des juridictions françaises, en 2017, Claude Guéant est condamné à deux ans de prison dont un an ferme et un an assorti d’un sursis avec mise à l’épreuve et 75.000 euros d’amende pour détournement de fonds publics et recel. Quatre ans après sa condamnation, le coupable ne s’est nullement acquitté de l’intégralité des amendes qui avaient été assorties à ses peines. Echaudé par son rythme de paiement, le parquet général de Paris confirme que « la chambre de l’application des peines » a décidé de révoquer « à hauteur de trois mois la peine assortie du sursis probatoire » et « à hauteur de six mois la liberté conditionnelle. En conséquence, les autorités ont mis le grappin sur l’ancien ministre qui a maille à partir avec la justice et qui n’arrive pas à payer son amende rubis sur l’ongle.
Son avocat, Philippe El Ghozi dénonce « une peine d’emprisonnement ferme pour quelqu’un qui ne peut pas payer plus que ce qu’il paye ». Qualifiant ce verdict de ‘’ décision très difficile’’, il a souligné que son client qui engrange une pension estimée à 5500 euros mensuel, ne peut pas s’acquitter on ne peut plus rapidement de son amende. « Sur cette somme, 3000 euros sont payés chaque mois au Trésor public, et on a considéré qu’il devait payer plus alors qu’il n’a pas plus. Parce qu’il n’a pas payé plus, on a décidé de mettre à exécution une partie de la peine en emprisonnement ferme’’. A court de moyens financiers, l’une des issues phares pour sortir de cet étau serait que des proches et amis prêtent de l’argent à Claude Guéant », afin « de pouvoir rembourser par anticipation » sa dette, ce qui « pourrait convaincre un juge d’application des peines ». Dans l’intermède, son avocat compte saisir « un juge d’application des peines » afin que l’ancien secrétaire général de l’Élysée « puisse sortir le plus rapidement possible de l’établissement de la Santé », car il vit « très mal » cette situation, même s’il « fait face, ne se défausse pas ».
Charles Assagba