Après son arrivée, Laurent Gbagbo est descendu à son Quartier général, à la Riviera-Attoban, où l’attendait une foule de partisans. L’occasion pour Gbagbo de prendre la parole sur le sol ivoirien, pour la première fois, depuis son arrestation en 2011.
Dans une salle archi-comble, le fils de Mama, flanqué de son sourire emblématique avec son accent familier, a commencé par remercier ses camarades de lutte présents dans la salle. Parmi eux, l’ancien Premier ministre Aké N’Gbo. Puis, Laurent Gbagbo fond en larmes en évoquant son «frère» et «ami» malade dans la salle, avec qui il dit avoir mené la lutte avant même la création du FPI.
Après avoir parlé de sa mère décédée alors qu’il était incarcéré à la Cour pénale internationale (CPI), l’ex-chef de l’Etat tire le chapeau à ses soutiens camerounais venus l’accueillir. «Je suis heureux de retrouver la Côte d’Ivoire et l’Afrique (…) Toute l’Afrique m’a soutenu», dira-t-il.
Députés
Laurent Gbagbo a ensuite mis les pieds dans le plat politique. En commençant par dire qu’il avait demandé au secrétaire général du FPI-GOR de lui laisser quelques jours pour «pleurer» ses «morts», ensuite, le «travail va reprendre». Et Gbagbo d’évoquer les élections législatives. Les gens, selon lui, se plaignent que le FPI n’ait pas beaucoup de députés. «Depuis que nous allons aux élections sans être au pouvoir, c’est le plus grand nombre de députés que nous avons là», fait-il savoir. Il félicite les «honorables» présents dans la salle, salue le maire de Cocody, Jean-Marc Yacé, qui est allé le voir à la Haye. «Je suis un soldat», fait savoir l’ancien pensionnaire de la prison de la CPI. Selon Gbagbo, il a demandé qu’on lui laisse le temps de se reposer. «La prochaine fois, nous allons travailler», a indiqué le nouvel arrivant.
Arrivé sous le signe de la réconciliation nationale, l’ex-chef de l’Etat s’est pourtant gardé d’orienter son premier discours dans ce sens. Aucun mot de remerciement à l’endroit des autorités ivoiriennes. Aucun mot bienveillant envers les Ivoiriens. Pas d’allusion à l’endroit de ses alliés, notamment Pascal Affi N’Guessan, le président du FPI et Simone Ehivet Gbagbo, qui n’étaient pas tous les deux dans la salle. Ajouté à l’épisode de l’aéroport, ce retour du Woody de Mama fait déjà grincer les dents pour ce qui est de la réconciliation nationale.
Raphaël Tanoh