Gbagbo enterre les négociations

Affi N’Guessan était visiblement dans un esprit de conciliation quand il cherchait à rencontrer Laurent Gbagbo avec qui il se dispute la direction du Front populaire ivoirien (FPI).

« A sa demande » donc, Pascal Affi N’Guessan a été reçu les 3 et janvier 2020 à Bruxelles par l’ex-président Laurent Gbagbo. Clairement, Affi avait à l’esprit de discuter avec Gbagbo des voies et moyens à utiliser pour sortir de la crise interne au FPI. Signe encourageant de cette paix des braves, Assoa Adou, proche de Laurent Gbagbo, annonçait le 18 janvier 2020 à Abidjan-Cocody, l’organisation d’un congrès unitaire au sein de la formation politique. Une équipe de discussions avait même été mise en place.

Plusieurs schémas de sortie de crise étaient envisagés après cette rencontre de Bruxelles. Si le congrès unitaire se tenait comme prévu, Affi était disposé à céder la présidence du parti à Laurent Gbagbo dont il devait devenir le 1er vice-président. Avec les pleins pouvoirs pour gérer le parti en attendant le retour probable de Laurent Gbagbo.

Si l’ex-président était libéré avant octobre 2020 et rentrait en Côte d’Ivoire, il serait automatiquement le candidat du FPI à la présidentielle du 31 octobre 2020. Affi acceptant, de facto, d’être son colistier. Mais au cas où le Woody de Mama n’était pas acquitté par la Cour pénale internationale (CPI), c’est Affi qui défendrait les couleurs du FPI avec un colistier choisi par Laurent Gbagbo.

Tout cela a été balayé du revers de la main par les Gbagbo Ou Rien (GOR) qui avaient du mal à accepter qu’Affi négocie sur un pied d’égalité avec Laurent Gbagbo. Assoa Adou exigeait qu’Affi N’Guessan fasse amende honorable des propos déplacés qu’il a tenus à l’égard de Gbagbo. Un geste de grande contrition était attendu de l’ex-Premier ministre (2000-2003) de Laurent Gbagbo. Les négociations qui avaient commencé sous de bons auspices ont tourné court. Aujourd’hui, le camp Gbagbo agit comme si Affi N’Guessan n’existait pas.

Bakayoko Youssouf  

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