Les dirigeants de la Cedeao sont réunis à Accra, ce jeudi 16 septembre, en sommet extraordinaire pour statuer sur le cas de la Guinée. Après l’exclusion la semaine dernière du pays des instances de la Cedeao lors d’un sommet virtuel, d’autres sujets seront débattus en présentiel ce jour. Il y a notamment la libération des prisonniers et en particulier celle du président déchu Alpha Condé. Les chefs d’État choisiront-ils en parallèle de sanctionner le pays comme ils l’avaient fait l’an passé pour le Mali après le 1er coup d’État ? L’hypothèse est sur la table mais la question semble faire débat, assure Radio France Internationale (RFI)
«Quelles sanctions vous voulez leur donner au stade où nous en sommes ? », s’interroge un ministre de la région qui pointe la popularité de ce coup d’État. «Sanctionner les militaires, ce serait rendre la Cedeao totalement impopulaire», estime-t-il. Et ce responsable de plaider en conséquence pour une certaine mansuétude histoire «de ne pas encore décrédibiliser l’organisation». L’idée serait ainsi de ne pas sanctionner les militaires guinéens dans l’immédiat mais plutôt de les menacer de sanctions personnelles et collectives s’ils ne respectaient pas les recommandations de l’organisation sous-régionale.
Du côté guinéen, le colonel Mamady Doumbouya recevait mercredi le corps diplomatique et consulaire au Palais du peuple à Conakry lors des journées de concertations nationales. L’occasion pour le chef de la junte de délivrer un message à la communauté internationale, à qui il a demandé en quelque sorte de privilégier le pragmatisme.
«Dans notre volonté collective de rebâtir ensemble les fondements de notre nation, nous ne voulons pas commettre les mêmes erreurs du passé. Cette ambition nationale, collective, peut parfois aller à l’encontre des chemins balisés par les principes convenus par les organisations régionales, sous-régionales et internationales. Ceci ne signifie pas que nous nous mettons en dehors des règles. Nous avons besoin de vous à nos côtés pour accompagner le processus sans pression, sans injonction, en faisant primer le réalisme sur la théorie et les principes.»
La communauté internationale a toujours été au chevet de la Guinée, c’est pourquoi nous avons souhaité vous écouter, entendre vos analyses, recevoir toutes les propositions enrichissantes dans le respect de notre intégrité, de notre dignité et de notre souveraineté.
Selon la ministre ghanéenne des Affaires étrangères, les représentants de la Cedeao devraient aussi discuter de la situation au Mali.
Avec RFI