Macron répond à Choguel Maïga: Paris et Bamako vers une crise diplomatique

Un recadrage en règle. Le président français a montré qu’il est très remonté contre les autorités de la transition malienne notamment le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga. Emmanuel Macron a qualifié jeudi de «honte» les accusations d’ «abandon» du Mali par la France portées par Choguel Kokalla Maïga à la tribune de l’ONU. «Je rappelle que le Premier ministre malien est l’enfant de deux coups d’État, si je puis dire. Puisqu’il y a eu un coup d’État en août 2020 et un coup d’État dans le coup d’État. Donc, la légitimité du gouvernement actuel est démocratiquement nulle. Alors qu’hier nous avons présidé à l’hommage national au sergent Blasco et qu’aujourd’hui il est enterré parmi les siens, ce qu’a dit le Premier ministre malien est inadmissible. C’est une honte. Et ça déshonore ce qui n’est même pas un gouvernement», a déclaré le chef de l’Etat en répondant à RFI en marge du dîner de clôture de la saison Africa 2020 à l’Elysée.

Paris avait déjà fermement condamné ces derniers jours les propos tenus samedi par M. Maïga, qui a affirmé que l’annonce par Emmanuel Macron en juin de la réorganisation de la présence militaire française, avec la fin programmée de Barkhane, représentait «une espèce d’abandon en plein vol».

«Je sais que les Maliens ne pensent pas ça», a estimé Emmanuel Macron.

«Nous sommes là parce que l’Etat malien l’a demandé. Sans la France, le Mali serait dans les mains des terroristes», selon lui. Il a dit attendre des dirigeants de la junte «qu’ils respectent leurs engagements: qu’en février il y ait des élections, qu’ils arrêtent de mettre en prison les opposants politiques, qu’ils fassent leur travail, c’est-à dire le retour de l’Etat, ce qu’ils ne font pas depuis des mois».

«Nous allons continuer les projets de développement» au Mali aux côtés de la communauté internationale. Mais «ce travail ne peut pas être fait si les dirigeants ne prennent pas leurs responsabilités», a-t-il prévenu. «Ce n’est pas une fatalité», a-t-il poursuivi en donnant l’exemple du Niger, pays voisin du Mali, où il y a «un président courageux, le président Bazoum, après un autre président courageux, le président Issoufou, qui font le maximum, se battent pour leur peuple, l’éducation, la santé… Ils font un travail admirable». Un uppercut qui devrait avoir l’avantage de pousser les leaders de la transition malienne à respecter la feuille de route qu’ils se sont eux-mêmes donnée.

Selon RFI, officiellement, il n’y a pas de réaction à Bamako. Certains attendaient un communiqué du ministère malien des Affaires étrangères, mais pour l’instant, il n’y a rien. En privé, les officiels maliens contactés refusent de s’exprimer, souligne la radio mondiale.

Avant de souligner que le Mali de son côté affiche son rapprochement avec Moscou : mercredi soir, à l’aéroport de Bamako, le ministre malien de la Défense, le colonel Sadio Camara, avait convié certains journalistes à la réception de matériel militaire russe, en compagnie de militaires russes. Quatre hélicoptères MI-171 payés par le budget malien, et des armes et des munitions « offertes » par la Russie, selon le ministre. Ces hélicoptères ont été commandés par l’actuel ministre de la Défense, en décembre 2020, bien avant le début de l’affaire Wagner.

Bakayoko Youssouf

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