Christine Lambrecht, la ministre fédérale allemande de la Défense, s’est exprimée ce mercredi 13 juillet sur l’incident entre le Mali et la Côte d’Ivoire. « Le comportement des dirigeants maliens est un signal très problématique. On peut malheureusement à nouveau se demander si le Mali a encore un intérêt à une coopération constructive dans le cadre de la Minusma. J’appelle les responsables maliens à libérer immédiatement les soldats ivoiriens », a déclaré Christine Lambrecht à l’agence de presse allemande.
Un scepticisme partagé également par Christoph Hoffmann, président du groupe parlementaire du parti libéral (FDP) au Bundestag (la Chambre basse du parlement allemand) et chargé de l’Afrique centrale. Il souligne l’une des raisons qui justifie l’inquiétude de l’Allemagne :
« Pour un survol, la Minusma doit faire une demande et il faut un, deux ou trois jours pour obtenir les permissions. Cela leur permet de cacher les soldats russes de Wagner qui sont en action sur le terrain pour perpétrer des massacres. On ne peut pas travailler de cette façon. »
L’Allemagne participe à la Minusma, avec jusqu’à 1 400 soldats. La majeure partie du contingent allemand est stationnée au Mali, principalement à Gao.
A Bamako, la partie du contingent allemand est stationnée avec d’autres partenaires multinationaux dans un camp situé sur le terrain de l’aéroport. La Bundeswehr, l’armée allemande, utilise ce camp entre autres comme une plaque tournante logistique. Ce camp appartient à une entreprise civile (Sahel Aviation Service/SAS dont le siège est au Mali) et est exploité par celle-ci. La sécurité du camp est assurée par des soldats de l’élément de soutien national des forces de Côte d’Ivoire.
Bakayoko Youssouf avec agences