Depuis le mois d’avril dernier, environ 2 000 enseignants contractuels ont été recrutés, pour résorber en partie la pénurie d’enseignants dans de nombreux établissements. Il s’agit d’enseignants en physique, en mathématique, en science de la vie et de la terre (SVT). Selon une source au ministère de l’Éducation nationale, de l’alphabétisation et de l’enseignement technique, ils ont subi pendant ces vacances, un stage de formation, avant d’être déployés sur le terrain. Ce n’est pas la première fois que cette méthode est utilisée pour résorber en partie la pénurie d’enseignants et ce ne sera certainement pas la dernière.
Formation
Si la méthode est saluée par certains, elle divise pour d’autres. « Est-ce que cela permet aux établissements d’offrir des enseignants en mathématique, en physique aux élèves ? Oui et c’est l’essentiel. Tout ce que nous proposons aux autorités, c’est d’instaurer une formation continue pour ces enseignants. Ils ne bénéficient pas des mêmes acquis que les enseignants de l’Ecole normale supérieure (ENS) et doivent combler cela », estime Kouamé Bertoni, ancien porte-parole de la Coalition du secteur éducation/formation de Côte d’Ivoire (COSEFCI).
Pour sa part Attaby Pacôme, secrétaire général de la Confédération syndicale Espoir – Côte d’Ivoire (CSE) déplore un recrutement au rabais. « On nous dit que c’est une question de postes budgétaires disponibles. Nous pensons que pour un secteur comme l’Éducation nationale, ne faut pas hésiter à mettre tous les moyens pour garantir une formation efficace. Or, l’État de Côte d’Ivoire a les moyens. C’est donc une question de volonté politique », indique M. Attaby.
En attendant, chaque année, le gap se creuse, avec la démographie grandissante, les départs à la retraite et les enseignants qui fuient la corporation.
Georges Dagou