Champions d’Afrique 2023, auteurs d’une victoire de prestige face à la France (2-1) puis d’un succès rassurant contre Philadelphia Union II (2-0), les Éléphants de Côte d’Ivoire débarquent à la Coupe du monde 2026 avec des certitudes, mais aussi quelques interrogations. Douze ans après leur dernière participation à un Mondial, les hommes d’Emerse Faé nourrissent l’ambition de franchir un nouveau cap sur la scène internationale.
L’une des principales forces de la sélection ivoirienne réside dans son mental. Sur plusieurs de leurs dernières sorties, les Éléphants ont démontré une remarquable capacité à réagir après avoir été menés au score. Face à la France notamment, les Ivoiriens ont subi la domination des Bleus avant de prendre progressivement le contrôle du match pour s’imposer grâce à une réalisation décisive d’Amad Diallo.
L’attaque apparaît aujourd’hui comme l’un des principaux atouts de la Côte d’Ivoire. Entre les accélérations de Simon Adingra, la percussion d’Amad Diallo, l’expérience de Nicolas Pépé, l’abattage d’Evann Guessand et la générosité d’Oumar Diakité, le secteur offensif dispose d’armes capables de déstabiliser n’importe quelle défense.
Maturité
Pour Guillaume Brou, technicien sportif de l’Africa Sports, cette génération possède des arguments sérieux. « Cette équipe a gagné en maturité. Elle ne panique plus lorsqu’elle est menée. On sent un groupe qui croit en ses qualités et qui possède désormais plusieurs solutions offensives pour faire la différence. C’est la marque des grandes équipes », analyse-t-il.
Défensivement, les Éléphants affichent davantage de sérénité qu’il y a quelques années. Le gardien Yahia Fofana rassure à l’arrière, tandis que la charnière centrale se montre de plus en plus solide dans les grands rendez-vous.
Un milieu de terrain qui soulève des questions
Malgré ces motifs d’espoir, certaines fragilités persistent. Le milieu de terrain reste le secteur le plus observé. Lorsque Franck Kessié ou Séko Fofana sont soumis à une forte pression physique, l’équipe perd parfois sa fluidité dans l’animation offensive. Lors de certaines rencontres, notamment face à l’Égypte durant la CAN au Maroc, les Éléphants ont souffert dans la gestion des transitions et des contre-attaques adverses. Le manque de maîtrise au milieu a parfois ralenti le rythme de jeu.
Pour Kipré Gogoua, entraîneur technique de l’équipe féminine A de Côte d’Ivoire, la clé du parcours ivoirien passera par l’équilibre collectif. « La Côte d’Ivoire possède des individualités capables de faire basculer un match à tout moment. Mais, dans une Coupe du monde, le talent seul ne suffit pas. Il faudra une grande discipline tactique et une maîtrise du milieu de terrain pour rivaliser avec les meilleures nations », estime-t-il.
L’efficacité offensive
Autre point d’attention, la finition. Malgré le nombre d’occasions créées, certains attaquants peinent encore à transformer leurs opportunités. Face aux grandes nations mondiales, le moindre manque de réalisme pourrait coûter cher.
Conscient de cet enjeu, Emerse Faé a profité du dernier match de préparation contre Philadelphia Union II pour tester plusieurs combinaisons offensives. Les buts d’Evann Guessand et de Bonny Yoan ont apporté des réponses encourageantes avant l’entrée en lice des Éléphants.
Le rêve gagne déjà les rues d’Abidjan
À Abidjan, l’optimisme est palpable. Dans les maquis, les quartiers populaires et les lieux de rassemblement, le même refrain revient : « Et si la Côte d’Ivoire remporte la Coupe du monde ? ». Pour Aka Djama, fervent supporter des Éléphants, l’espoir est permis. « Nous avons de grands joueurs. Avec Amad Diallo, Simon Adingra, Nicolas Pépé, Yahia Fofana et tous les autres, nous pouvons rêver. Il faut rester concentré. L’Afrique pourrait remporter sa première Coupe du monde grâce à la Côte d’Ivoire », souhaite-t-il.
Si l’objectif de soulever le trophée paraît encore immense, une chose est claire, cette génération ivoirienne possède des arguments que peu de sélections africaines ont eus dans le passé. Une confiance retrouvée, un effectif dynamique et positif, les Éléphants arrivent aux États-Unis avec une ambition assumée.
Reste désormais à savoir si le rêve ivoirien résistera à l’épreuve du terrain. Car dans une Coupe du monde, le talent ouvre les portes, mais seule la constance permet d’entrer dans l’histoire.
BN