Ouattara va-t-il aligner le calendrier des élections nationales?

Les municipales et les régionales couplées, prévues pour se tenir en 2023, vont-elles être reportées par le Président Alassane Ouattara ? La rumeur a sérieusement circulé après la tenue des élections législatives de mars 2021. La raison : Après la présidentielle tourmentée de 2020 et les législatives, le pays avait besoin de souffler.

Finalement, le Président Ouattara n’introduira pas un projet de texte pour modifier le calendrier des élections. Les régionales et les municipales couplées se tiendront bien en 2023.

Que s’est-il passé ? Pourquoi l’idée d’un changement de calendrier a circulé ? Pourquoi le Président Ouattara y a renoncé ? L’idée est-elle définitivement enterrée. Dossier.

Le constat. En Côte d’ivoire, toutes les élections nationales provoquent fantasmes, peurs et inquiétudes. Les élections législatives de mars 2021 se sont relativement bien déroulées. Non sans inquiétudes. A cause des violences et des traumatismes profonds qui avaient émaillé la présidentielle d’octobre 2020.

Au sein de toute la chaîne des institutions et organes impliquées dans l’organisation des élections, on a fait des constats clairs : Une présidentielle compliquée en 2010 ; Des législatives en 2011 ; Les régionales et les municipales en 2013 ;  Une nouvelle présidentielle en 2015 ; des législatives en 2016 ; des régionales et des municipales en 2018 ; Une présidentielle en 2020 ; des législatives en 2021 ; des municipales et des régionales couplées en 2023 ; et une nouvelle présidentielle en 2025 ;

C’est une évidence ! Le pays est en campagne politique permanente, avec son lot d’angoisses, de tensions, d’incertitudes et de crises. 

Un haut cadre de la Commission Electorale Indépendante nous explique sous couvert d’anonymat : «Nous avons l’impression d’être en permanence sous pression. Pour chaque échéance, il faut mobiliser les hommes, du matériel et des moyens. Tout cela coûte beaucoup d’énergie et de l’argent aux contribuables ivoiriens».

Le système électoral est en permanence sous pression. Le moral des troupes est mis à l’épreuve. Et d’une élection à l’autre, il faut renouveler le matériel et mettre en place de nouveaux budgets.

En raison de la pression, l’administration électorale n’a pas le temps de faire une pause pour réévaluer le système et préparer des réajustements vers davantage de performance.

Bien plus, d’une élection à l’autre, la nation retient son souffle, l’administration s’arrête et la vie économique marque un ralentissement. Notre source poursuit : «Six mois avant chaque échéance, tous les projets structurants sont à l’arrêt.»

Entre 2010 et 2025, cela fera un cycle de 10 élections, avec presqu’autant d’opérations de révision de la liste électorale. Étalées dans un calendrier qui met la Côte d’Ivoire sous tension permanente.

Les remontées d’informations au Président. Cet état de fait a fait l’objet de réflexion non seulement au sein de la Commission électorale, mais également au Sénat, à l’Assemblée nationale et au Conseil économique et social. Certaines sources évoquent des remontées de notes et de rapports sur le sujet de certaines de ces institutions vers la présidence de la République. Ce sont ces notes et ces rapports qui ont évoqué l’idée d’une réorganisation du calendrier électoral.

L’idée est simple : Réaménager le calendrier, coupler davantage les échéances, raccourcir le cycle électoral. Ainsi les moyens humains et matériels sont mutualisés. Le temps des élections est raccourci. Et le pays libère les énergies pour se consacrer au développement.

 La position du chef de l’Etat. A la présidence de la République, on a entendu les recommandations. Alassane Ouattara nourrit l’ambition de réduire le temps de la politique pour rallonger celui du travail au profit du développement. Mais le Président a choisi de rouvrir ce dossier par temps plus calme. Pour éviter de réveiller la méfiance et la défiance de l’opposition sur le processus électoral.

Les élections régionales et municipales couplées seront maintenues à l’agenda pour 2023. Elles seront précédées par une opération d’ampleur de révision de la liste électorale.

Le débat sur un réaménagement du calendrier des élections en Côte d’Ivoire sera de toute évidence à l’ordre du jour d’ici la présidentielle de 2025.

Imane Amel Fatima

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