Laurent Gbagbo soutient ne pas comprendre que les civils qui ont donné des ordres aux militaires, dans le cadre de la crise post-électorale, qui a fait officiellement 3000 morts, soient en liberté. Et les militaires soient toujours en prison. Lors du compte rendu du conseil des ministres de ce mercredi 1er décembre 2021, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly a donné la réplique à l’ancien chef de l’Etat. «En ce qui concerne l’interrogation de M. Laurent Gbagbo, je voudrais m’étonner de la récurrence de cette interrogation. J’ai, ici, déjà eu à répondre à cette question. En rappelant que les faits pour lesquels M Laurent Gbagbo a été poursuivi devant la CPI sont totalement différents de ceux pour lesquels il a été poursuivi ici en Côte d’Ivoire. En ce qui concerne les militaires, il faut rappeler que ces militaires sont poursuivis pour des crimes de sang : assassinat, meurtre, enlèvement, torture, soustraction de cadavres. Vous savez, au cours de la folie meurtrière que notre pays a connue pendant la crise post-électorale, beaucoup d’horreurs ont été commises. Par respect pour la famille de M. Yves Lambelin, et de ses collaborateurs et de même, par respect de la famille du directeur général de Novotel, M. Frantz Di Ripel, je ne voudrais pas revenir sur l’horreur que ces personnes ont subi. C’étaient des crimes de sang assez graves. Maintenant je m’étonne de la récurrence de cette interrogation. Mais ce que je veux dire, c’est qu’en matière pénale, et M. Gbagbo doit le savoir, lui qui a une batterie d’avocats internationaux avec lui, il doit savoir qu’en matière pénale, la responsabilité est personnelle. Ces individus sont poursuivis pour des crimes qu’ils ont commis eux-mêmes. Maintenant M. Gbagbo doit savoir également qu’en matière pénale, l’aveu est la reine des preuves. Est-ce que la récurrence de cette interrogation est une forme d’aveu ? M. Gbagbo est-il en train de nous dire que c’est lui qui a donné des instructions ? Si tel est le cas, cela pourrait intéresser la justice, parce qu’il ouvre la voie à une autre procédure. A partir du moment où l’aveu est la reine des preuves, ceci étant, si tant est que ses nuits sont troublées, il peut faciliter le travail de la justice, en se rendant lui-même à la justice en avouant, en reconnaissant sa responsabilité. Ça serait un comportement de Woody. Mais il n’est pas bien de vouloir exploiter l’émotion, je dirais même, la naïveté de ses partisans pour blanchir sa conscience. C’est moralement malsain. Les faits sont là. Ils sont poursuivis pour des crimes de sang. S’il sent qu’il a une quelconque responsabilité, qu’il facilite le travail à la justice en allant se rendre lui-même à la justice. Mais il ne peux pas continuer à utiliser la naïveté de ses partisans parce qu’il a un problème de conscience», a répondu le ministre de la Communication, des Médias et de la Francophonie.
Bakayoko Youssouf