Depuis lundi, les élèves ont retrouvé le chemin de l’école. Contrairement à certains handicaps, les albinos sont généralement traités au même titre que les autres enfants à l’école. Selon Mamidou Coulibaly, président de l’ONG Bien-être des albinos de Côte d’Ivoire (BEDACI), ils sont autour de 4 000, les élèves et étudiants atteints d’albinisme. Pourtant, dit-il, ce sont bel et bien des handicapés. « Les deux problèmes majeurs que les enfants ont, sont les problèmes de vue et de peau », a indiqué ce mardi M. Coulibaly à Nordsud.info.
Cependant, un autre phénomène les fatigue : le comportement de certains enseignants vis-à-vis des enfants atteints d’albinisme, notamment à l’intérieur du pays, d’après lui. « Des enseignants demandent par exemple aux enfants de se coiffer. Or, un enfant albinos qui expose son cuire chevelure au soleil, risque des brûlures. Pour ces enseignants, nous sommes obligés d’intervenir pour leur expliquer la situation », a fait savoir le président de BEDACI. Si la sensibilisation passe dans la capitale économique, dans les villes de l’intérieur, les préjugés demeurent donc. « On continue de traiter les enfants albinos comme être étranges », déplore Mamidou Coulibaly. D’où, la nécessité de poursuivre la sensibilisation dans ces zones.
Grâce à la Fondation Pierre Fabre, explique-t-il, les enfants arrivent à faire des consultations et bénéficier gratuitement de lunettes de vue. Cette fondation offre également des crèmes pour la peau à BEDACI. « Comparé aux autres pays de la sous-région, la Côte d’Ivoire a fait beaucoup d’efforts dans la protection des personnes atteintes d’albinisme. Depuis 2015, 60 albinos ont bénéficié du recrutement dérogatoire à la Fonction publique », s’est réjoui M. Coulibaly. Le pays compte environ 10 000 albinos.
Georges Dagou