L’opposition significative ivoirienne, le Pdci-RDA y compris, a fait bloc autour du candidat du Rhdp, Adama Bictogo, au poste de président de l’Assemblée nationale (PAN), ce 7 juin 2022. Ainsi, le vieux parti n’a pas souhaité candidater et s’est désolidarisé de la candidature de Jean-Michel Amankou, membre de son groupe parlementaire. Chez certains cadres du Pdci, la pilule ne passe pas. Jean-Yves Esso Essis, inspecteur et membre du Bureau politique du Pdci-RDA a traduit tout haut ce ras-le-bol qui se murmurerait au sein du parti. «L’opération a été un immense fiasco communicationnel qui a vite fait d’engendrer de nombreuses incompréhensions et de vives désapprobations de la part de plusieurs de vos militants et sympathisants», martèle-t-il, dans une lettre ouverte en date du 9 juin. S’érigeant en porte-voix des sympathisants désabusés par cette démarche de la chapelle politique, il a exhorté le destinataire de son courrier, Simon Doho, Président du groupe parlementaire du Pdci-RDA, à rendre des comptes. «Le peuple qui vous a permis de siéger dans l’hémicycle en vous donnant sa voix lors des dernières consultations populaires pour les élections législatives, malgré les nombreuses souffrances de la désobéissance civile de la fin d’année 2020, n’a pas compris votre démarche et mériterait que vous lui accordiez un grand oral de rattrapage», exhorte-t-il. Tout en soulignant sa compréhension de «la nécessité stratégique d’un tel acte» qu’il qualifie par ailleurs de «manœuvre hautement tacticienne « pour la cohésion et la réconciliation nationale »», le président des Cadres dynamiques du Pdci-RDA prend le parti des bases militantes qui auraient été «royalement snobées». En guise de solution, Jean-Yves Esso Essis recommande «une séance publique d’explication pédagogique aux militants à jour de leurs cotisations, à la Maison du Parti à Cocody».
Charles Assagba