Un mort et cinq blessés à Kouégo (Séguéla) : la version que racontent des habitants du village

Le calme est revenu dans la localité.

Le village de Kouégo, situé à une quinzaine de kilomètres de Séguéla, a été le théâtre de violents affrontements entre des habitants et des éléments de la gendarmerie nationale, le vendredi 10 juillet 2026. Selon des sources locales, les incidents ont fait un mort et cinq blessés par balles.

D’après les informations recueillies sur place, les gendarmes sont arrivés dans le village aux environs de 10 heures dans le cadre d’une enquête consécutive à un cambriolage survenu la veille à la mine d’or de la société Roxgold Sango, implantée à environ cinq kilomètres de Kouégo, sur l’axe menant au village de Tiéma.

Lors de ce vol, des individus non identifiés auraient emporté des ordinateurs ainsi que plusieurs autres équipements appartenant à la société minière.

Toujours selon les mêmes sources contactées par téléphone, les agents de la maréchaussée auraient commencé à interroger des jeunes présents dans le village afin de recueillir des informations sur ce cambriolage. Ces derniers leur auraient alors demandé de s’adresser prioritairement au chef du village, estimant qu’il était l’autorité la plus indiquée pour répondre à leurs questions.

La tension serait montée d’un cran lorsque les gendarmes ont entrepris de procéder à des fouilles dans plusieurs habitations, boutiques et magasins. Une altercation aurait alors éclaté, dégénérant rapidement en affrontements.

Des coups de feu ont été entendus en pleine journée, notamment aux abords du centre de santé du village, provoquant un mouvement de panique parmi les habitants. A ce stade, rien ne permet de faire un lien entre la présence des gendarmes dans le village et le coup de feu entendu.

Un employé de la mine tué

Le bilan provisoire fait état d’un décès et de cinq blessés. La victime décédée est identifiée comme Coulibaly Mémassa, employé de la mine Roxgold Sango. Selon les témoignages recueillis, il venait d’achever son service de nuit et était rentré au village peu avant les événements. Atteint d’une balle à la tête, il a succombé à ses blessures dans la soirée.

Parmi les blessés figure Coulibaly Massibi, une femme atteinte au bras par une balle perdue. Elle a été évacuée au Centre hospitalier universitaire de Bouaké, tout comme Traoré Abou. Trois autres personnes, dont Fofana Sinaly et Fofana Massimo, ont été admises à l’hôpital de Séguéla.

Selon les mêmes sources, les gendarmes auraient quitté les lieux après l’arrivée des équipes de la Croix-Rouge, laissant sur place des motos et divers objets précédemment saisis.

Les autorités appellent au calme

À la suite des événements, le sous-préfet de Worofla, Koné Boulahiman, s’est rendu à Kouégo afin de rencontrer les autorités coutumières et les populations. Accompagné de responsables de la gendarmerie, il a appelé au calme et assuré que toute la lumière serait faite sur les circonstances de ces affrontements.

Le lendemain, samedi 11 juillet, des officiers supérieurs de la gendarmerie nationale, venus selon les sources de Daloa et d’Abidjan, se sont également rendus dans le village. Ils auraient présenté leurs excuses aux populations et promis l’ouverture d’une enquête afin d’établir les responsabilités et de sanctionner les éventuels auteurs des faits.

Selon des témoignages recueillis sur place, le calme est progressivement revenu dans la localité.

Toujours d’après les sources locales, le corps de Coulibaly Mémassa demeure à la morgue. Une autopsie aurait été demandée par le vice-Premier ministre, ministre de la Défense, afin de déterminer avec précision les causes de son décès.

Les autorités judiciaires et la gendarmerie nationale n’ont pas encore communiqué sur les circonstances exactes des événements au moment où nous publions ces informations. Les tentatives de joindre le député de la circonscription de Sifié-Kamalo-Worofla sont également restées sans suite.

BF à Daloa

Related posts

Haut-Sassandra : le DGA de la Police nationale lance l’opération « Vacances sécurisées » à Daloa

Daloa : Aly Touré sollicité pour redynamiser l’UCCAD après quatre années d’impasse

Investiture du chef central Dan à Daloa : Mabri appelle à l’unité et à la cohésion sociale

Le site Web nordsud utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Lire la suite