En prélude à la célébration le mardi 20 juillet de la fête de la tabaski en Côte d’Ivoire, l’heure est à la ruée vers les étables des commerçants de moutons. Chaque père de famille veut se procurer une bête consubstantielle à cette festivité musulmane.
Au vu du risque de surenchère sur les tarifs des bovins, dans un contexte d’ores et déjà marqué par la flambée drastique des coûts de certaines denrées alimentaires, une délégation du Conseil national de lutte contre la vie chère (CNLVC) sillonne les villes de Bouaké, Korhogo, Pogo, et Laleraba du 13 au 18 juillet 2021 pour une mission de sensibilisation contre les pratiques anormales dans la filière bétail-viande.
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A Bouaké, ce 14 juillet, pour la première escale de la caravane, comme le souligne un communiqué dont nous avons reçu copie, la secrétaire exécutive du CNLVC, Dr Rani Bah Koné, a d’emblée pris langue avec le préfet de région. Dans la foulée, elle s’est rendue au parc à bétails du corridor nord de Bouake et l’abattoir de la ville.
«Le premier élément qui constitue la fête de la tabaski, c’est le mouton. Ce mouton doit être disponible sur l’ensemble du territoire et il doit être disponible à un prix qui est abordable. Un prix qui permet à chaque Ivoirien, à chaque famille selon sa bourse, son porte-monnaie, de pouvoir s’en acheter. C’est l’objet de notre mission. C’est ce qui a été demandé par le gouvernement au Conseil national de lutte contre la vie chère. Le CNLVC doit veiller à ce que non seulement les marchés soient approvisionnés, qu’il y ait suffisamment de moutons et ce malgré les difficultés que connaissent les pays qui nous approvisionnent en bétails», a expliqué le Docteur Rani Bah- Koné, aux vendeurs de bovins.
Gouro Bokoum, responsable de l’abattoir de Bouaké, a accordé son violon à celui du CLVC. «Vous avez constaté vous-même qu’il y a suffisamment de moutons un peu partout. Le prix est toujours abordable. Toute la population sera satisfaite. Le mouton ne manquera pas et le prix est abordable».
Le secrétaire général de l’association des éleveurs, Oumar Moumouni, a pour sa part mis en lumière la vérosité des revendeurs obnubilés par l’appât des bénéfices mirobolants.
«La cherté ce n’est pas à notre niveau. C’est ceux qui viennent payer ici avec nous à prix bas et vont revendre en ville. Ce sont ces derniers qui rendent le marché dur. Nous avons des moutons de 40, 50, 60, à 100 et 110.000 FCFA», a-t-il relevé.
‘’Soyez solidaires des populations, car en faisant des prix abordables, c’est toute la chaîne de valeur qui gagne’’, tel a été l’ultime message du Dr Rani Bah-Koné, avant son départ pour la 2ème étape de sa mission. Au cours du trajet, la délégation a marqué une halte au corridor nord de Bouaké afin de sensibiliser les forces de l’ordre sur toutes les actions de racket en cette période de tabaski.
Les deux principales villes d’entrée du bétail en Côte d’Ivoire (Pogo et Laleraba) recevront la seconde étape de cette tournée. La mission y appréciera le trafic de bovins aux frontières ivoiriennes.
Les agents du CLVC qui réalisent cette mission de concert avec l’Office de la fluidité routière (OFT) et l’Unité de lutte contre le racket (ULCR) boucleront la boucle à Korhogo.
Charles Assagba