Ce vendredi, plusieurs établissements au Mahou (Cocody-Angré) ont été perturbés. Des élèves provenant des établissements voisins ont notamment délogé leurs camarades au ‘‘Provincial’’, au groupe scolaire Larousse, pour anticiper les congés de Toussaint.
Des faits qui rappellent que le phénomène des congés anticipés pointe du nez, à l’approche des fêtes de fin d’année. On le sait, chaque année, à cette période, les cours sont perturbés dans les écoles, afin de précipiter le départ des élèves en congés. Les violences occasionnées par ces actions ont fait 3 morts en 2019. Dès sa nomination à la tête du ministère de l’Education nationale et de l’alphabétisation, Prof. Mariatou Koné a promis de mettre fin à ce ‘‘fléau’’. Mais, ce ne sera pas de la sinécure. «Nous avons fait des propositions en son temps. Nous avons dit qu’il faut instaurer, par exemple, des devoirs et des interrogations pendant cette période. Cela empêchera les élèves d’aller à la maison», rappelle Ekoun Kouassi, secrétaire général du Syndicat national des enseignants du second degré de Côte d’Ivoire (Synesci).
Qui est derrière ces perturbations de cours ?
Selon lui, ces propositions n’ont jamais été prises en compte. Au niveau des parents d’élèves, on s’insurge également contre le phénomène des congés anticipés. «C’est une question qu’on refuse d’aborder, chaque année, jusqu’à ce que les perturbations débutent. Nous allons commencer une campagne de sensibilisation pour appeler les acteurs du système éducatif à se mobiliser contre les perturbations de cours cette année», fait savoir Kadio Claude, président de l’Organisation des parents d’élèves et d’étudiants de Côte d’Ivoire (Opeeci).
Qui est derrière ces perturbations de cours ? Pointée du doigt, la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci), tente depuis quelques années de laver son image. «La Fesci n’a rien à voir avec ces actions. Nous avons entamé des campagnes de sensibilisations dans les écoles pour amener nos camarades à attendre la date officielle des congés de fêtes de fin d’année», explique Allah Saint Clair, secrétaire général de la Fesci. Hélas, la sensibilisation a du mal à passer. À entendre Allah Saint-Clair, il arrive même que des jeunes déscolarisés soient manipulés par leurs amis élèves pour qu’ils viennent perturber les cours dans leur école.
«C’est difficile de maîtriser tous les élèves. Il suffit qu’une école fléchisse, les élèves sortent et vont perturber leurs camarades, avec des jets de pierres. Lorsque c’est ainsi, on est obligé d’interrompre les cours», souligne Kadio Claude.
Que faire alors ? Sanctionner. Mais c’est un vocabulaire qui n’est pas encore enraciné dans ce milieu. De nombreux élèves pris dans le cadre du phénomène des congés anticipés sont relâchés après l’intervention des parents. Quand ceux-ci échouent à plaider pour leur cas, ce sont des grèves déclenchées par les élèves eux-mêmes, qui prennent le relais. «Ça devient gênant. On attend que la ministre prenne des mesures fortes sur ce phénomène», insiste Ekoun Kouassi.
Raphaël Tanoh