A 36 jours du deadline de la mission du Comité de normalisation, la présidente de l’instance, Mariam Dao Gabala, était face à la presse, ce 23 novembre au siège de la maison de verre à Treichville. Sur toutes les lèvres, une seule interrogation que les rumeurs ont quasiment assimilé à une déclaration : Il y aura-t-il une prolongation du mandat du Conor-FIF ? A ce sujet, la responsable de la transition entretient le flou. «Celui qui m’a envoyée n’a encore rien dit et vous voulez que je dise si c’est prorogé ou si ce n’est pas prorogé. J’attends que celui qui m’a envoyée parle. Tant qu’il n’a pas dit, je ne peux rien dire. Ceux qui confirment que la mission est prorogée, ce sont des prophètes peut-être. J’attends que celui qui m’a envoyé parle. Ceux qui disent que la mission est prorogée sont peut-être des prophètes», a-t-elle coupé court.
Gabala entre le zist et le zest. Tout en répondant en Normand, la cheffe de file de la normalisation a donné des détails sur la période de transition. «La normalisation, c’est une mission de gouvernance. Notre mission va s’arrêter. Si on a fini de nettoyer les comptes et qu’ils sont approuvés, qu’on a fait les recommandations nécessaires pour que l’équipe qui vient après ne retombe pas dans les mêmes travers. Deuxième élément, notre mission va s’arrêter si on a réussi à faire approuver les textes. Et si on a réussi à faire élire un président. Si c’est 3 conditions sont remplies pourquoi voulez-vous qu’on reste ?» a-t-elle signifié.
Un calendrier quasi-intenable. Dix mois et trois jours après l’intronisation du Conor-FIF dans le fauteuil de la FIF, les trois sujets phares de la mission n’ont pas été définitivement résolus. De fait, l’ampleur des tâches restantes semble gigantesque face au compte à rebours qui tourne inlassablement. «La première condition, la gouvernance financière. on a refait tout le travail avec le commissaire aux comptes. Je ne me rendais pas compte de la profondeur des choses. On n’a pas encore terminé. Il y avait des freins à donner les informations. J’ai dit au staff, plus vous traînez à nous donner les informations, plus vous nous maintenez. Mais nous n’irons pas tant que nous n’avons pas clarifié un certain nombre de choses. On s’est mis d’accord, le commissaire aux comptes dit si on lui donne deux semaines, ce sera fait. Donc la balle est dans son camp. S’il a terminé, on fait notre assemblée générale, ça fait un de moins. on a approuvé les textes ça fait deux de moins, on a fait les élections, c’est terminé, on a plus de raisons d’être», a-t-elle expliqué.
Les textes se font désirer. Pour l’élection du prochain président de la Fédération ivoirienne de football, le Conor-FIF doit travailler sur les textes. Là aussi, il y a des questions. Le professeur Martin Bléou, juriste du groupe, a donné des précisions. «Il n’y a aucun changement relativement aux groupements d’intérêts. Les groupements d’intérêts sont à leurs places avec les droits et les obligations fixés et définis par les statuts. Les textes que nous avons préparés et soumis à la FIFA reconduisent les groupements d’intérêts», a-t-il souligné. Avant de se prononcer sur la pomme de discorde que constituent les parrainages. «S’agissant du parrainage, nous avons échangé longuement pendant des mois, on ne s’accordait pas. L’idée que nous avons retenue c’est que pour avoir la légitimité d’aspirer à diriger la FIF, il faut avoir le parrainage de deux clubs de ligue 1, deux clubs de ligue 2 et 3 clubs de ligue 3. Tout récemment, ça a été remis en cause par la Fifa. Donc ce qui est retenu, c’est 4 parrainages de clubs et ou de groupements d’intérêts. Les 4 parrainages peuvent venir des clubs de ligue 1, de ligue 2, etc. toutes les combinaisons sont possibles, il n’y a plus de préférences, de hiérarchie ou de quota attribué à telle catégorie ou telle autre. Les candidats ne peuvent recueillir que 4 parrainages pas plus, pas moins. Si un candidat va au-delà de 4, le surplus est invalidé et la candidature est rejetée. Le principe est qu’un club ne peut accorder qu’un parrainage. Si un club va au-delà d’exigence, il perd son droit de vote», a clarifié, Martin Bléou, co-animateur de cette conférence de presse.
Blackout sur l’élection. Initialement prévue pour le 20 décembre, l’élection du président de la FIF est renvoyée aux calendes grecques. Les textes, qui devraient être soumis à la CAF et à la Fifa ont été «déjà validés (mais), il faut qu’on ait reçu la dernière version. Nous avons explosé le délai, ce qui est sûr des élections (visées) le 20 décembre, alors qu’on n’a pas encore évalué les textes, ce n’est pas possible », a expliqué, Dao Gabala. Le Conor-FIF a été mis en place par la Fifa pour faire le travail de la FIF, depuis le 21 janvier 2021, soit il y a 306 jours.
Charles Assagba