Baromètre du niveau de satisfaction des travailleurs, le front social est de moins en moins secoué en Côte d’Ivoire, signe d’une certaine embellie. Mais le coût de la vie ne cesse de grimper.
66 ans après son indépendance, la Côte d’Ivoire compte plus d’un million de salariés. Soit environ 300 000 fonctionnaires et 800 000 travailleurs du secteur privé. Outre le décrochage des enseignants mis en application en juin 2001, les changements majeurs intervenus dans la vie des travailleurs ont eu lieu à partir de 2011, avec l’application d’une nouvelle grille salariale particulière pour les médecins. Il en est de même pour les membres du corps diplomatique. Auxquels s’ajoute le paiement des bonifications indiciaires pour 21 milliards de FCFA et du stock des arriérés dans l’ordre de 249 milliards de FCFA. Comment oublier le déblocage des avancements indiciaires au profit de l’ensemble des fonctionnaires en 2014 et 2015. Soit un effort financier exceptionnel annuel de 126,5 milliards de FCFA.
Revalorisation
Il y a eu également la revalorisation de 400 points d’indice accordée aux cadres supérieurs de la santé, et de 150 points d’indice au personnel technique de la santé, pour un montant annuel de 15 milliards de FCFA ; la revalorisation de 150 ou 100 points d’indice au profit des fonctionnaires de certains emplois techniques et scientifiques. Le gouvernement a aussi repris des avancements automatiques de chaque fonctionnaire, tous les deux ans. La promotion, depuis 2014, des fonctionnaires des grades A4, A5 et A6 aux grades supérieurs, est un autre point de satisfaction.
« L’Etat a beaucoup fait pour les travailleurs »
Très récemment, le gouvernement a procédé à la revalorisation de l’allocation familiale, des indemnités de transport et de logement. Il y a aussi le 13ème mois accordé aux fonctionnaires et l’instauration d’une prime annuelle au mois de Septembre, calculée sur la base du tiers de la pension mensuelle, en faveur des retraités. « L’Etat a beaucoup fait pour les travailleurs », reconnait Gnagna Zadi Théodore, président de la Confédération syndicale plateforme nationale.
Mais le bémol, selon Koffi Assiénin, secrétaire général adjoint de l’Union générale des travailleurs de Côte d’Ivoire (UGTCI), c’est le marché. « Le vie chère fait qu’aujourd’hui, le salaire nominal est bas par rapport au coût de la vie. Le véritable levier sur lequel il faut jouer, c’est le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG). Les agrégats macroéconomiques bougent, le SMIG doit bouger », fait savoir M. Koffi. Après un passage de 36 000 à 60 000 FCFA en 2013, puis à 75 000 en 2022, il fallait procéder à l’actualisation du SMIG cette année. « D’après la loi, tous les trois ans, le SMIG doit être revalorisé. Donc au 1er janvier 2026 cela devait être fait. Mais ça n’a pas été le cas », déplore-t-il.
Georges Dagou