Des salles de classes quasi-vides, le corps enseignant aux abonnés absents. Depuis plusieurs jours, les cours ne se déroulent pas normalement dans certains établissements. Des interruptions dont les raisons diffèrent d’une école à une autre.
Le déroulement des cours au Lycée garçon de Bingerville (LGB) crée en 1903 est mis à mal depuis quelques jours. Une interruption qui survient suite à une mésentente à propos des frais de suivi scolaire. En effet, l’administration du lycée aurait requis la somme de 6 500 FCFA en vue de confectionner des carnets de correspondance, des photos et des tee-shirts. Cela a vite été assimilé par certains à un ‘’stratagème pour soutirer de l’argent aux parents d’élèves au moment où les frais des Comités de gestion des établissements scolaires (Coges) ont été annulés’’ par le gouvernement. En s’appuyant sur cette incompréhension, des fauteurs de troubles farouchement opposés au paiement desdits frais de suivi scolaire font tout pour déranger la quiétude du lycée.
De leur côté, les responsables du Coges battent en brèches les rumeurs selon lesquelles ces ‘‘frais de suivi scolaire’’ ne seraient qu’une autre appellation des frais Coges. «Les gens ne viennent pas aux informations. Les frais de suivi scolaire ont toujours existé. Ces frais sont différents des frais Coges. La suspension des frais Coges ne prend pas en compte lesdits frais», explique Yaya Sangaré, responsable Coges du Collège moderne du Plateau, membre de la Plateforme nationale des Coges.
Frais de suivi
Jointe au téléphone par la rédaction de Nord Sud, la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci) ne passe pas par quatre chemins pour charger les responsables des établissements privés. «Les frais de suivi scolaire ne sont qu’un autre nom du Coges. Les chefs d’établissements ont mis ce processus en place pour faire payer les parents d’élèves alors que le chef de l’Etat a annoncé leur suppression. Nous ne sommes pas les instigateurs du délogement des élèves à Bingerville ni dans les autres villes où les cours ont été interrompus. Ce sont les élèves eux-mêmes qui expriment leur ras-le-bol face à des frais dont on ne sait l’utilité», martèle Hié Cyrille, le secrétaire aux affaires académiques de l’organisation syndicale. Un imbroglio qui, en plus de l’interruption des cours, aura occasionné le report sine die des épreuves physiques du bac blanc régional et de la Journée portes ouvertes.
Tout ceci inquiète les parents d’élèves. «Depuis quelques jours, les élèves du lycée garçon de Bingerville sont délogés. Il n’y a pas que le lycée garçon de Bingerville qui est délogé. A Abobo, les élèves sont aussi délogés. C’est pareil à Odienné, à Grand-Lahou, à Grand-Bassam. Et chaque fois, les raisons évoquées sont différentes. A Abobo, on veut faire des examens. A Odienné, on se plaint de problème de salles de classe, à Grand-Lahou, c’est une bagarre qui a été déclenchée entre jeunes. Ce n’est pas aux élèves de déloger leurs camarades pour ces problèmes. Ce n’est pas normal», s’indigne Claude Kadio, président de l’organisation des parents d’élèves et d’étudiants de Côte d’Ivoire (Opeeci).
Le lycée garçon de Bingerville n’est donc que la partie visible de l’iceberg. Plusieurs autres écoles à Fresco, Sassandra, Divo, Gohitafla, Diégonefla, etc., tout comme certains établissements du Nord du pays, subissent également des interruptions de cours. Des troubles provoqués par les élèves eux-mêmes.
Charles Assagba