Crise VTC-Taxis: Comment l’Etat veut encadrer Yango et Uber

Les taxi-compteurs doivent prendre le pli de la digitalisation du transport.

La crise entre les taxi-compteurs et les Véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) (qui sont entretenus par Yango et Uber) est en train de trouver un début de solution.

Pour ceux qui l’ignorent, avant le début de la grève des taxi-compteurs (le 25 octobre) lancée pour protester contre les Véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC), les acteurs étaient déjà en concertation. Un atelier à l’hôtel Tiama (Plateau) se tenait le 22 octobre, avec l’aval du ministère des Transports. Les autorités, qui avaient vu le problème venir, voulaient anticiper avec des propositions qu’elles attendaient de la part des propriétaires de taxi-compteurs pour mieux encadrer les VTC.

La grève ayant bouleversé les plans, les échanges ont repris, cette fois-ci, au sein d’un cadre de discussion, regroupant le ministère des Transports, les propriétaires de taxi-compteurs, les représentants des VTC et ceux des plateformes d’application (Yango et Uber) qui sont à la base des VTC. Cependant pas encore de document finalisé.  

Commission spéciale

Mais, l’avancée des discussions permet d’entrevoir certains accords qui en sortiront. Premièrement, les trois parties, y compris les VTC, sont d’accord pour que tous les véhicules de transport soient assujettis aux mêmes règles (visite technique tous les 6 mois ; assurance, patente : 20 000 FCFA, etc.) Le problème majeur, selon une source au sein du cadre de discussion, reste le contrôle des VTC. Puisqu’ils n’ont aucune couleur particulière, comment reconnaître un VTC dans la circulation ? L’Etat est donc en train de réfléchir à la mise en place d’une commission spéciale qui sera chargée de contrôler ces véhicules. Ce ne sera pas de la sinécure. «Les membres de la commission qui sera mise sur pied agiront avec dextérité. Une des techniques consistera à appeler sur la plateforme Yango ou Uber, un VTC et de se faire passer pour un client», explique notre source au sein du cadre de discussion. Naturellement, si le véhicule n’est pas en règle, il peut être épinglé aussitôt et mis à la fourrière. Une solution ‘‘musclée’’ qui n’offre aucune garantie de succès.

L’une des raisons du recours à ce type de solution est la difficulté d’accès aux données des plateformes. Notamment celles de Yango, basées en Russie. «Pour la sécurité des clients, qui devront emprunter des véhicules non répertoriés, il faut avoir nécessairement les références de ces voitures avec qui Yango et Uber travaillent», indique Soumahoro Ben N’Faly, président de la Fédération ivoirienne les consommateurs le réveil (Ficr).

Lire aussi: Discussions taxis-Yango : Quelle assurance pour les VTC ?

Base de données

Le système de gestion intégré du transport doit surtout pouvoir avoir accès à ces datas. Les discussions à ce sujet se poursuivent. En attendant, les VTC ne sont pas suspendus et continuent d’exercer, avec Yango et Uber. Cela s’explique par le fait qu’ils ne sont pas considérés en réalité comme ‘‘illégaux’’. Parce qu’il existe un vide juridique en la matière en Côte d’Ivoire. «Nous en avons profité. Mais aujourd’hui, nous sommes prêts à discuter pour trouver une solution », reconnaît Kouamé N’da Bernard, président de la Mutuelle des entrepreneurs de véhicules de transport avec chauffeur de Côte d’Ivoire (ME-VTC-CI).

Selon le ministère des Transports, il y a déjà un projet de loi sur la question. Un projet de loi qui a été par ailleurs soumis aux acteurs, lors de ces différentes rencontres.

Toutefois, mettre les VTC au même niveau que les taxi-compteurs en termes de taxation ne suffira pas à soulager les propriétaires de taxis. Selon Drissa Diaby, président de l’Association des détenteurs de taxi-compteurs de Côte d’Ivoire, il est temps pour eux de se réveiller.  « Nous avons dormi sur nos lauriers, et aujourd’hui cela nous rattrape. Nous sommes à l’ère du numérique. Les clients ne pourront pas se passer des VTC. Ça se fait dans de nombreux pays. Les propriétaires de taxi doivent simplement penser à se réinventer», indique M. Diaby.

Raphaël Tanoh

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