Le monde de la culture ivoirienne est en deuil. Tanella Boni, professeure, philosophe, écrivaine et poétesse ivoirienne, est décédée le 15 septembre 2026 à Toulouse, en France, à l’âge de 71 ans. Sa disparition laisse un grand vide dans le paysage littéraire et intellectuel ivoirien et africain.
Sa disparition a été confirmée par Françoise Remarck, ministre de la Culture et de la Francophonie, qui a exprimé sa profonde douleur et adressé ses condoléances à la famille de l’illustre disparue, notamment à son époux, Koné Tiékoura, ainsi qu’à ses enfants et petits-enfants.
La ministre a également salué la mémoire d’une femme dont l’œuvre a profondément marqué la littérature ivoirienne. « Professeur Tanella Boni laisse à la postérité une œuvre littéraire dense et originale », souligne le ministère, rappelant les nombreuses distinctions qui ont jalonné son parcours.
Poésie, roman, littérature jeunesse, essais et philosophie ont constitué les principaux champs d’expression de Tanella Boni. À travers cette production plurielle, l’écrivaine a notamment exploré les questions liées à l’identité africaine, à la condition humaine et aux réalités des sociétés contemporaines.
Son talent lui a valu plusieurs prix et distinctions, dont le Prix Ahmadou Kourouma, obtenu en 2005 au Salon du livre de Genève, ainsi que le Prix Tchicaya U Tam’si de la poésie africaine, qui lui a été remis en 2025 au Maroc, dans le cadre du Moussem culturel international d’Assilah.
Elle a également reçu le Prix de la recherche en sciences humaines de l’Université de Côte d’Ivoire à Abidjan.
Le rayonnement de son œuvre s’est également traduit par son investiture à l’Académie du Royaume du Maroc en 2024. Tanella Boni était par ailleurs membre de l’Académie des Arts, des Sciences, des Cultures d’Afrique et des Diasporas africaines (ASCAD) et avait été élevée au grade de Chevalier dans l’Ordre du Mérite culturel de Côte d’Ivoire.
La place occupée par Tanella Boni dans le paysage littéraire ivoirien s’est notamment illustrée lors de la 13e édition du Salon international du livre d’Abidjan (SILA), en mai 2023. Invitée d’honneur et figure centrale de cette édition, elle avait été célébrée par l’ensemble de la famille du livre en Côte d’Ivoire.
Le ministère de la Culture et de la Francophonie l’avait également accompagnée dans le cadre de son initiative Poétiques, Festival international de poésie d’Abidjan, témoignant de son engagement constant en faveur de la création littéraire et poétique.
Au-delà des distinctions, Tanella Boni laisse surtout une œuvre appelée à continuer de nourrir la réflexion et l’imaginaire de plusieurs générations de lecteurs et d’auteurs. Sa pratique de la poésie, du roman, de l’essai et de la littérature jeunesse a contribué à donner une voix singulière à la littérature africaine contemporaine.
Pour Françoise Remarck, la disparition de l’écrivaine constitue ainsi une perte majeure pour la famille de la culture et particulièrement pour le monde du livre. La ministre estime que la pérennisation de son œuvre devra désormais relever d’une responsabilité collective.
Avec la disparition de Tanella Boni, la Côte d’Ivoire perd l’une de ses grandes voix littéraires. Une voix dont l’œuvre, portée par une réflexion profonde sur l’Afrique et la condition humaine, devrait continuer à traverser les générations.
Tanella Boni sera conduite à sa dernière demeure le lundi 21 septembre 2026.
MD