Après Bingerville le 1er août dernier, la deuxième étape de la 2e édition du Festival Eh Klo N’goha s’est tenue, samedi 5 septembre 2026, à Niamanzra. Une célébration placée sous le signe de la transmission des valeurs ancestrales, de la promotion de la langue baoulé et du vivre-ensemble.
Niamanzra était en fête, samedi 5 septembre 2026. La localité, située dans le département de Tiassalé, a accueilli la deuxième et dernière étape de la 2e édition du Festival Eh Klo N’goha, après une première escale organisée le 1er août à Bingerville.
Pour cette étape, plusieurs invités venus d’Abidjan, ainsi que des populations des villages environnants, ont convergé vers Niamanzra autour d’un même objectif : faire vivre les traditions et transmettre aux jeunes les valeurs culturelles héritées des générations précédentes.
Au cœur de la manifestation figuraient les traditionnels « jeux de clair de lune », mais également des concours culinaires, de proverbes, de chansonnettes, de contes et de danses. Les festivaliers ont également pu déguster des mets du terroir, découvrir des produits issus de la transformation locale et assister à des prestations artistiques inspirées de l’histoire et du patrimoine du peuple baoulé.
Après une première étape consacrée notamment à la découverte des 36 commandements baoulés, à la promotion de la langue et à la valorisation de la consommation de la noix de cajou, l’étape de Niamanzra a davantage mis l’accent sur la transmission intergénérationnelle.
Avec l’appui du maire de la commune de N’Douci et du représentant du ministère de la Culture et de la Francophonie, les participants ont revisité plusieurs pratiques traditionnelles à travers des activités ludiques et éducatives.
L’originalité de cette étape résidait également dans le caractère cosmopolite de Niamanzra. Le village accueille en effet différentes communautés ivoiriennes ainsi que des ressortissants de plusieurs pays de la sous-région. Une diversité qui a donné une dimension particulière au message de cohésion porté par le festival.
« Niamanzra est un village cosmopolite et nous faisons tout pour que la cohésion y règne », souligne Paul Brou, président du comité d’organisation locale. Pour lui, la transmission des traditions constitue aussi un moyen de proposer aux jeunes des espaces de divertissement éducatifs.
« Nous voulons transmettre nos traditions à nos enfants », explique-t-il, rappelant les veillées au clair de lune qui réunissaient autrefois enfants et adultes autour de contes, chants et jeux traditionnels.
Selon lui, ces pratiques permettent également de mieux connaître les autres communautés et de renforcer les liens sociaux. « Nous devons savoir avec qui nous vivons, connaître la personne pour mieux vivre avec elle sous le même toit », insiste-t-il.
Pour concrétiser cette volonté de transmission, cinq groupes de jeunes ont pris part aux différentes compétitions. Contes, chansonnettes, proverbes, gastronomie, jeux et danses ont ainsi permis aux participants de revisiter le patrimoine culturel.
Le prix du meilleur conte a été remporté par le groupe 5, « Les Gardiens de la culture ». Le groupe 3, « Les Gardiens de la tradition », s’est adjugé le prix de la meilleure chansonnette. Le prix du meilleur proverbe est revenu au groupe 2, « La Voix des ancêtres ».
En cuisine, le groupe 1, « Les Étoiles filantes de Niamanzra », a remporté le prix du meilleur art culinaire avec son Biekosseu à base de poisson cap. Le groupe 4, « Affoubenou de Niamanzra », a, pour sa part, décroché le prix des meilleurs jeux et danses.
Le Super Prix d’excellence, institué en l’honneur du maire de N’Douci, Me Marcellin Oboumou Goli, a également été attribué au groupe 1, « Les Étoiles filantes de Niamanzra ».
Présent à cette manifestation, Luc Hervé N’ko, directeur de la promotion des arts vivants et de la communication au ministère de la Culture et de la Francophonie, a salué une initiative qui, selon lui, contribue à faire des traditions un outil d’éducation.
« Ce festival fait des arts vivants une grande opportunité pour le développement de la Côte d’Ivoire », a-t-il déclaré.
Pour le représentant du ministère, les jeux de clair de lune ne constituent pas de simples divertissements. Ils participent à l’apprentissage des langues, de la discipline et du vivre-ensemble.
« Que nos traditions soient le socle d’une éducation durable pour nos enfants et les enfants de leurs enfants », a-t-il souhaité, réaffirmant le soutien du ministère à cette initiative.
Le festival a également accordé une place à l’éducation. Des prix d’excellence ont été remis aux meilleurs élèves aux examens du CEPE, du BEPC et du BAC.
Par ailleurs, 60 enfants ont reçu des kits scolaires. Parmi eux, 50 étaient issus des groupes ayant participé aux compétitions et 10 autres avaient pris part à différentes activités du festival, notamment en qualité d’hôtesses et de porte-paroles des enfants de la circonscription.
Cette action sociale a été rendue possible grâce au soutien de l’ONG Joie d’enfance, dirigée par Franck Barry.
Avec cette deuxième étape, Niamanzra a ainsi clôturé la 2e édition du Festival Eh Klo N’goha, initié par l’artiste musicien et metteur en scène Koffi Malanguy Giscard, connu sous les noms artistiques de Giscard-Chance Emmanuel ou Gampy-Mlanguy.
Une édition placée sous le signe de la mémoire, de la transmission et de la cohésion sociale, que l’initiateur entend déjà prolonger avec une prochaine édition annoncée comme « encore plus innovante ».
Békanty N’Ko (stagiaire)