A défaut du goudron, les routes de Pangalakaha, village hôte d’une société sucrière, dans la sous-préfecture de Badikaha (département de Niakara) au Nord de la Côte d’Ivoire, sont revêtues de mélasse. Issu du processus de transformation du sucre en cristal, ce liquide quasi-similaire à l’aspect d’un sirop fait le bonheur des usagers des tronçons de cet hameau reculé dans le septentrion ivoirien. Un eurêka écologique.
Interrogé par l’AIP, un motocycliste, en l’occurrence, Stéphane Koffi Yao (39 ans), ne boude pas son plaisir devant ce succédané au bitume. «La mélasse rend la piste dure et sans poussière, la route devient tout à fait praticable pour tous les usagers et surtout pour nous les motocyclistes, c’est notre goudron ici», exulte-t-il. La sécurité routière est donc améliorée par les propriétés de cet asphalte, doté d’une plus grande durabilité et d’une résistance à l’usure renforcée. Une allégresse partagée par les populations riveraines qui proposent par ailleurs que l’État s’approprie cette pratique dans le cadre de l’entretien des pistes villageoises dans le Nord de la Côte d’Ivoire. A l’accoutumée, «en période d’harmattan et de sécheresse, avec la forte poussière ambiante, la direction générale de la Sucrerie africaine en Côte d’Ivoire (Sucaf-CI), déverse de la mélasse sur l’ensemble des pistes rurales et autres voies de circulation sur le complexe et ses environs», relate l’Agence de presse ivoirienne.
« Avec l’harmattan et nos routes poussiéreuses, toutes sortes de maladies respiratoires sont apparues dans la ville. Tout le monde est malade et il n’y a pas d’argent pour se soigner. On demande au préfet, au député et au maire de demander à la Sucaf-ci de la mélasse pour couvrir les voies non bitumées et atténuer nos souffrances’’, plaidaient déjà en 2013 plusieurs habitants des quartiers Zindel et Gare de Ferkessédougou auprès des autorités locales, toujours selon l’AIP.
Un benchmarking de cette alternative écologique, qui fait d’ores et déjà florès, pourrait profiter à d’autres localités ivoiriennes enclavée par l’absence du réseau routier goudronné. La mélasse comme résidu de la canne à sucre, est utilisée dans la ville industrielle de Nkayi (Congo) pour atténuer la poussière en saison sèche par déversement sur les routes en terre. Cette action a montré une bonne disposition sur la stabilisation des sols en place pendant cette période de l’année.
Charles Assagba