La situation sécuritaire au Sahel et dans la région des Grands Lacs, l’accélération de l’intégration économique et l’autonomie financière de l’Union africaine ont été au cœur des discussions entre Alassane Ouattara et Mahmoud Ali Youssouf, mardi à Abidjan.
La paix et la sécurité sur le continent, l’intégration économique et le financement de l’Union africaine ont dominé les échanges entre le président ivoirien, Alassane Ouattara, et le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf, ce mardi au Palais présidentiel à Abidjan.
Les deux personnalités ont notamment évoqué l’évolution de la situation au Sahel et dans la région des Grands Lacs, où les risques d’extension des conflits préoccupent les instances continentales. Face à ces menaces, Mahmoud Ali Youssouf a insisté sur la nécessité de privilégier des solutions africaines aux crises, de renforcer la coopération entre les États et de consolider l’Architecture africaine de paix et de sécurité.
L’intégration économique a également occupé une place importante dans les discussions. Les échanges ont mis en évidence la nécessité d’accélérer la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), notamment en réduisant les barrières non tarifaires, en harmonisant les procédures douanières et en développant les infrastructures transfrontalières.
Le renforcement des chaînes de valeur régionales et l’accroissement du commerce entre les pays africains ont été présentés comme des leviers essentiels pour transformer les économies du continent et approfondir leur intégration.
Autre enjeu abordé, l’amélioration des conditions de financement des économies africaines. Le président de la Commission de l’UA a mis en avant le rôle attendu de l’Agence africaine de notation de crédit (AfCRA), dont l’objectif est de favoriser une évaluation plus adaptée des économies du continent, de corriger certaines perceptions défavorables du risque africain et d’améliorer leur accès aux marchés internationaux de capitaux.
Dans un environnement international marqué par des incertitudes géopolitiques croissantes, les deux responsables ont également souligné l’importance de renforcer la mobilisation des ressources propres de l’Union africaine. L’enjeu est de donner au continent davantage de moyens pour financer ses priorités et assumer ses responsabilités en matière de paix, de sécurité et de développement.
Mahmoud Ali Youssouf a par ailleurs salué l’engagement d’Alassane Ouattara en faveur de l’intégration et du développement du continent, notamment en sa qualité de champion de l’Union africaine pour l’Agenda 2063. Cette initiative porte la vision d’une Afrique intégrée, prospère et pacifique.
Pour sa part, le chef de l’État ivoirien a réaffirmé le soutien de la Côte d’Ivoire à une Afrique davantage maîtresse de son destin, capable de mobiliser ses propres ressources, ses compétences et ses institutions pour répondre aux défis du continent et renforcer sa place dans les affaires internationales.
OUATTARA ÉCHANGE ÉGALEMENT AVEC SAHLE-WORK ZEWDE
Au cours de la même journée, Alassane Ouattara s’est également entretenu avec Sahle-Work Zewde, ancienne présidente de la République fédérale démocratique d’Éthiopie, en visite à Abidjan.
Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre de la revue stratégique indépendante du Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS). Cette démarche vise à adapter le mandat et les priorités de cette structure à l’évolution du contexte politique et sécuritaire en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
Marc Dossa