Avec un objectif de croissance annuelle de 7,2 %, une réduction annoncée de moitié du taux de pauvreté et la création de millions d’emplois, le Plan national de développement 2026-2030 se veut un accélérateur de transformation économique et sociale. Le gouvernement mise sur plus de 47 000 milliards de FCFA d’engagements financiers pour concrétiser cette ambition.
La Côte d’Ivoire veut franchir un nouveau palier dans son développement économique. À travers le Plan national de Développement (PND) 2026-2030, le gouvernement ambitionne de hisser le pays au rang des États à revenu intermédiaire de la tranche supérieure à l’horizon 2030.
Présentant les grandes orientations de ce programme, lundi 20 juillet 2026 à Abidjan, lors de la conférence de presse : « Les rendez-vous du gouvernement », le ministre du Plan et du développement, Souleymane Diarrassouba, a indiqué que cette transformation reposera sur une croissance moyenne de 7,2 % par an sur la période.
L’objectif affiché est notamment d’augmenter significativement le revenu par habitant, qui devrait passer de 3 148,2 dollars américains actuellement à environ 4 500 dollars en 2030, soit une progression estimée à 43 %.
Au-delà des performances macroéconomiques, le PND 2026-2030 entend également répondre aux enjeux sociaux. Le gouvernement vise une réduction du taux de pauvreté de 37,5 % à moins de 20 % au cours des cinq prochaines années.
L’emploi constitue également un axe majeur du programme. Les autorités ambitionnent de faire passer la population active occupée de 11,5 millions à 14 millions de personnes et de doubler quasiment le nombre d’emplois formels, avec un objectif de plus de 3 millions contre environ 1,5 million actuellement.
Sur le plan humain, le Plan prévoit une amélioration de plusieurs indicateurs sociaux, notamment l’Indice de capital humain, qui devrait progresser de 0,38 à 0,7. Le gouvernement ambitionne également de porter l’espérance de vie à la naissance à 65 ans et de réduire la mortalité infantile à moins de 35 décès pour mille naissances.
Mobilisation record des financements
Pour soutenir ces ambitions, l’État mise sur une mobilisation accrue des ressources publiques et privées. Selon Souleymane Diarrassouba, les réformes engagées dans la gouvernance économique devraient notamment permettre d’améliorer la pression fiscale, qui passerait de 15,4 % du PIB en 2026 à 18 % en 2030 grâce à un élargissement de l’assiette fiscale.
Le ministre s’est par ailleurs félicité du succès du groupe consultatif pour le financement du PND 2026-2030, organisé les 8 et 9 juillet derniers à Abidjan. Cette rencontre a réuni plus de 3 600 participants, dont plus de 2 000 investisseurs venus de 49 pays.
À cette occasion, les partenaires au développement ont annoncé des engagements financiers estimés à 80 milliards de dollars américains, soit environ 47 820 milliards de FCFA. Un montant qui représente près de quatre fois l’objectif initial de mobilisation, selon les autorités.
Le coût global du PND 2026-2030 est évalué à 114 838,5 milliards de FCFA, soit environ 209 milliards de dollars sur cinq ans. Si les annonces financières renforcent l’optimisme du gouvernement, la réussite du plan dépendra désormais de la capacité à transformer ces engagements en investissements productifs et en améliorations concrètes des conditions de vie des populations.
Car au-delà du changement de statut économique recherché, l’enjeu majeur reste de faire en sorte que la croissance annoncée se traduise par davantage d’emplois, une réduction durable des inégalités et un meilleur accès aux services sociaux essentiels.
Marc Dossa