Sommet de la CEDEAO : Ouattara plaide pour une Afrique de l’Ouest plus intégrée

Le vice-président Tiémoko Meyliet Koné a représenté le président Alassane Ouattara à ce sommet.

Représentée par le vice-président Tiémoko Meyliet Koné, la Côte d’Ivoire a pris part au 69e Sommet de la CEDEAO, achevé dimanche en Sierra Leone, où elle a réaffirmé son engagement en faveur de l’intégration régionale malgré un contexte sécuritaire et géopolitique complexe.

Mandaté par le président de la République, Alassane Ouattara, le vice-président Tiémoko Meyliet Koné a participé aux travaux du 69e sommet ordinaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ainsi qu’au sommet consacré à l’avenir de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest.

Cette rencontre, qui a réuni les chefs d’État et de gouvernement de l’organisation sous-régionale, intervenait dans un contexte particulièrement délicat pour la CEDEAO, confrontée aux conséquences du retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger, désormais réunis au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), ainsi qu’à la persistance des défis sécuritaires et économiques dans l’espace communautaire.

À l’issue des travaux, Tiémoko Meyliet Koné a réaffirmé l’engagement de la Côte d’Ivoire à poursuivre ses efforts en faveur d’une intégration régionale plus forte et plus solidaire.

Le vice-président a souligné que le pays continuera d’accompagner la mise en œuvre des orientations stratégiques du Pacte pour l’avenir de l’intégration régionale, notamment dans les domaines de la paix et de la sécurité, de la transformation économique, de la révolution numérique, de l’inclusion sociale et du renforcement de l’autonomie de la CEDEAO.

Cette position s’inscrit dans la continuité de la diplomatie ivoirienne, qui plaide depuis plusieurs années pour une coopération régionale renforcée comme levier de stabilité, de croissance et de prospérité partagée.

Le sommet s’est également achevé par le renouvellement des principales instances dirigeantes de l’organisation. Les chefs d’État ont porté le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye à la présidence de la conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO pour un mandat d’un an. Son compatriote, le Général Birame Diop, ancien chef d’état-major général des Armées et ancien ministre de la Défense, a été désigné président de la Commission de la CEDEAO pour le mandat 2026-2030.

Dans son premier discours, Bassirou Diomaye Faye s’est engagé à redonner un nouvel élan à l’organisation régionale en l’adaptant aux défis contemporains, notamment la sécurité collective, la stabilité institutionnelle, la souveraineté politique et économique ainsi que le renforcement de la crédibilité de la voix ouest-africaine sur la scène internationale.

Si les dirigeants ont officiellement affiché leur volonté de renforcer l’unité de la CEDEAO, plusieurs sources diplomatiques indiquent que les échanges à huis clos ont été particulièrement nourris. Les conséquences du départ du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont largement occupé les discussions, provoquant même un retard de plus de deux heures dans l’ouverture des travaux. Malgré des divergences sur la stratégie à adopter, les responsables de l’organisation ont insisté sur la nécessité de préserver le dialogue et l’esprit d’intégration qui ont présidé à la création de la CEDEAO.

Le président sortant de la Commission, Omar Alieu Touray, a appelé les États membres à transformer les difficultés actuelles en opportunités pour consolider la solidarité régionale, rappelant que l’avenir de plus de 450 millions d’Ouest-Africains demeure étroitement lié au succès du projet communautaire.

La participation de la Côte d’Ivoire à ces assises ne s’est pas limitée au sommet des chefs d’État. Deux jours auparavant, la délégation ivoirienne, conduite par la ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nialé Kaba, avait pris une part active à la 96e session ordinaire du conseil des ministres de la CEDEAO, organisée à Freetown.

Les ministres y ont examiné les principales recommandations relatives au renforcement de l’intégration régionale, à la paix et à la sécurité, à la gouvernance communautaire, à la libre circulation des personnes et des biens, au développement économique, à la transformation numérique ainsi qu’au partenariat entre la CEDEAO et ses partenaires internationaux. Les conclusions de cette session ont servi de base aux décisions adoptées par les chefs d’État à Lungi.

Marc Dossa

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