Réception des œuvres d’art: L’expertise française nécessaire

Ils ont l’expérience pour gérer près de 70 .000 objets d’art d’Afrique subsaharienne en général et 3 951 objets ivoiriens, en particulier. Les professionnels du musée du Quai-Branly-Jacques Chirac apporteront leur expertise à leurs homologues ivoiriens dans des secteurs névralgiques. «Nous avons également parlé de la question du transport de l’objet et de tout ce qui y est afférent. Il a été retenu que quelqu’un du musée des civilisations devrait aller au Quai-Branly pour être formé en restauration d’objets (traitement curatif de l’objet, comment stabiliser l’état physique de l’objet pour ne pas qu’il se dégrade), parce que l’Insaac qui forme les conservateurs ne dispose pas de modules relatifs à la restauration. Des chercheurs du Quai-Branly viendront également en Côte d’Ivoire pour la dimension historique», note Dr Sylvie Memel Kassi, directrice du musée des civilisations de Côte d’Ivoire.

La coopération entre le musée national et le Quai-Branly. Lors la 41è session de l’Unesco, à Paris, la Côte d’Ivoire a obtenu l’un des deux sièges réservés à l’Afrique au sein du comité intergouvernemental pour la promotion du retour des biens culturels. En marge de cet évènement, un tête-à-tête a eu lieu entre Dr Sylvie Memel Kassi et le directeur du Quai Branly, Emmanuel Kasarhérou, sur la question de l’expertise française. Outre la mise en route des jalons de la synergie entre la France et la Côte d’Ivoire relativement à la coopération technique, le musée des civilisations fait feu de tout bois pour faire la lumière sur l’historicité de l’objet. Le concours des communautés et des universitaires rompus aux arcanes de l’histoire, de l’anthropologie, de la sociologie, etc. est requis. «Le musée va travailler sur place avec le musée du Quai-Branly et un comité scientifique ivoirien composé d’universitaires. Nous allons aussi travailler avec les communautés, les dépositaires de la tradition, de l’héritage culturel. Ils sont les propriétaires légaux. On a remarqué par exemple dans le cadre des premiers échanges avec eux que le nom exact du tambour est Ayé Ayokwé et non Djidji Ayokwé. Nous avons donc besoin d’associer les communautés pour qu’elles nous racontent leurs histoires authentiques. Il y a tout ce travail qu’il faut faire», précise Dr Sylvie Memel Kassi, directrice du musée des civilisations de Côte d’Ivoire.

Pour les 20.000 objets ivoiriens pillés lors de la colonisation, le retour du Djidji Ayokwé présente un énorme enjeu. Il déterminera les conditions dans lesquelles tous les autres objets seront restitués. Le Djidji Ayokwé sera conservé au musée des civilisations du Plateau, un cadre commode et doté de toutes les commodités requises pour la conservation d’un tel objet. Selon la directrice de l’établissement, ce tambour parleur annonce les couleurs de la mise en surbrillance du patrimoine culturel de la terre d’éburnie. Parallèlement à la volonté du Président Alassane Ouattara, dont la ligne de mire est de faire de cet évènement un rendez-vous gravé dans le marbre historico-culturel ivoirien, le ministère de la Culture et le musée des civilisations travaillent d’arrache-pied.

Charles Assagba

Related posts

Littérature: Fanny Ibrahima raconte ses accointances avec Ouattara

Daloa: Le livre « Alassane Ouattara, cette pierre pourtant précieuse » dédicacé

Gonaté: Nanan Konan Kouamé investi chef central des Baoulés

Le site Web nordsud utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Lire la suite