Réunie ce jeudi 23 avril 2026 à l’hémicycle, à Abidjan-Plateau, la Commission des affaires générales et institutionnelles de l’Assemblée nationale, présidée par le député Dah Sansan, a examiné le projet de loi portant modification de l’article 51 du code électoral relatif aux parrainages des candidats à l’élection présidentielle. Les travaux, introduits par une présentation du ministre de l’Intérieur et de la sécurité, Vagondo Diomandé, se sont soldés par l’adoption du texte à l’unanimité des députés.
L’article 51, tel que modifié par l’ordonnance n°2025-290 du 7 mai 2025, impose à tout candidat à la présidentielle de recueillir un parrainage citoyen représentant au moins 1 % de l’électorat local dans la moitié des 31 régions du pays ainsi que dans les deux districts autonomes d’Abidjan et de Yamoussoukro. Selon le gouvernement, cette disposition vise à garantir l’ancrage national des candidatures.
Malgré le consensus affiché lors du vote, le groupe parlementaire du PDCI a exprimé de vives réserves. Par la voix de son représentant, Eugène Kouadio, l’ancien parti unique dénonce « une violation déguisée de la Constitution ». Il estime que la réforme, dans un contexte marqué par la création de nouveaux districts autonomes à la suite du décret n°2021-276 du 9 juin 2021, tend à limiter l’exigence de parrainage aux seuls districts d’Abidjan et de Yamoussoukro, au détriment des autres entités récemment créées.
Le PDCI critique également le recours aux ordonnances pour une réforme jugée majeure, y voyant une atteinte à l’équilibre des pouvoirs et une marginalisation du rôle de l’Assemblée nationale, réduite selon lui à entériner des décisions de l’Exécutif.
Par ailleurs, ce groupe parlementaire pointe des incohérences dans la mise en œuvre du dispositif. Il souligne notamment qu’un candidat ayant déjà obtenu des parrainages dans les régions constituant un district autonome, pourrait être tenu d’en recueillir à l’échelle du district lui-même, alors même que celui-ci ne dispose ni d’un corps électoral propre ni d’un périmètre électoral distinct. Pour le PDCI, ces ambiguïtés ouvrent la voie à d’éventuelles manipulations du système de parrainage, susceptibles d’être utilisées comme un instrument d’exclusion de certains candidats à l’élection présidentielle.
BN