Sommet Africa Forward : Ouattara plaide pour une réforme profonde du système financier international

Le Président Ouattara, très applaudi, lors de son intervention.

Le Président Alassane Ouattara, a pris part, ce mardi 12 mai 2026 à Nairobi, au Kenya, aux travaux du Sommet Africa Forward, organisé conjointement par le Kenya et la France autour du thème : « Partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance ».

Cette rencontre de haut niveau a réuni, aux côtés du chef de l’État ivoirien, les Présidents William Ruto et Emmanuel Macron, ainsi qu’une trentaine de chefs d’État et de gouvernement, des responsables d’institutions internationales, des chefs d’entreprises, des représentants de la société civile, des jeunes et des acteurs culturels.

Un partenariat Afrique-France

Le Sommet Africa Forward ambitionne de renforcer les partenariats entre la France et les pays africains, à travers une coopération davantage fondée sur les complémentarités économiques, l’innovation et la recherche de solutions concrètes aux défis du continent.

Lors de la cérémonie d’ouverture, plusieurs personnalités ont pris la parole, notamment le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, et le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf.

Tous ont insisté sur la nécessité d’accélérer les investissements croisés entre l’Afrique et ses partenaires, tout en mettant l’accent sur les enjeux liés à la souveraineté économique, à la compétitivité, à la paix et à la sécurité.

Le plaidoyer de Ouattara

Au cours d’une séance plénière consacrée à la réforme de l’architecture financière internationale et à l’accès des pays africains au financement durable, le Président ivoirien a livré un plaidoyer en faveur d’une transformation profonde du système financier mondial.

Dans son intervention, Alassane Ouattara a souligné que l’Afrique dispose de ressources humaines et de projets porteurs, mais reste confrontée à un environnement financier mondial peu adapté à ses réalités.

« L’Afrique ne manque ni de projets porteurs, ni de talents », a affirmé le chef de l’État, avant de dénoncer les difficultés d’accès aux financements internationaux pour les pays africains.

L’ex-directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI) a notamment relevé que le déficit de financement du continent atteint près de 400 milliards de dollars américains par an, soit environ 200 000 milliards FCFA, tandis que les États africains continuent d’emprunter à des taux largement supérieurs à ceux appliqués aux pays développés.

Face à cette situation, Alassane Ouattara a plaidé pour une réforme reposant sur trois impératifs majeurs : l’équité, l’efficacité et la soutenabilité. Selon lui, l’Afrique doit bénéficier d’une meilleure représentation dans la gouvernance financière mondiale, de financements plus rapides et mieux adaptés aux projets structurants, ainsi que de mécanismes permettant de limiter les risques liés à l’endettement.

Le chef de l’État ivoirien a également insisté sur la nécessité pour les banques multilatérales de développement d’accroître leurs capacités de financement et de renforcer les mécanismes de garantie, notamment en monnaie locale.

Le « Consensus d’Abidjan » mis en avant

Au cours de son allocution, le Président Ouattara a également salué le lancement récent de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement de l’Afrique (NAFAD), une initiative portée par la Banque africaine de développement.

Il a, à cet effet, félicité le Président de la BAD, Sidi Ould Tah, pour son leadership ayant conduit à l’adoption du « Consensus d’Abidjan », présenté comme un cadre stratégique pour renforcer le financement du développement sur le continent.

Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, l’inflation et les perturbations des chaînes d’approvisionnement, Alassane Ouattara a estimé que l’Afrique doit réduire sa dépendance extérieure et renforcer sa souveraineté économique et financière.

Le Président ivoirien a ainsi appelé les États africains à mobiliser davantage leurs propres ressources afin de financer les investissements productifs sur le continent.

Toutefois, il a rappelé que l’attractivité de l’Afrique auprès des investisseurs passe nécessairement par la stabilité macroéconomique, la sécurité juridique et la prévisibilité réglementaire.

Marc Dossa

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