Afrique du Sud: Jacob Zuma face à l’étonne requête de la justice

Il doit se faire hara-kiri. Dans une requête plutôt inhabituelle, la justice sud-africaine a demandé à l’ex-président Jacob Zuma, poursuivi pour « outrage à la justice », de déterminer lui-même sa peine dans le cas où il serait jugé coupable. Il doit déposer, au plus tard mercredi, une déclaration sous serment expliquant « la nature et l’ampleur de la peine qui devrait lui être imposée ». L’ancien chef d’Etat (9 mai 2009 – 14 février 2018), qui a fêté lundi ses 79 ans, snobe, depuis sa création en 2018, la commission chargée d’enquêter sur la corruption généralisée pendant ses neuf années au pouvoir. En février, après un énième refus de témoigner, la commission présidée par le juge Raymond Zondo a demandé à la Cour Constitutionnelle, la plus haute juridiction du pays, de condamner l’ancien chef de l’Etat à deux ans de prison pour « outrage à la justice ». Car cette fois-ci, l’ex-président avait non seulement ignoré une convocation de la commission mais également enfreint une décision rendue en janvier par la Cour constitutionnelle, l’obligeant à comparaître et le privant du droit à garder le silence. Dans une directive datée de vendredi et publiée sur le site internet de la Cour constitutionnelle, cette dernière demande que M. Zuma détermine « ce qui constitue la sanction appropriée ».

Bakayoko Youssouf avec AFP

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