Décryptage/L’identifiant unique: La solution pour révolutionner l’état civil

Faire en sorte que chaque vie soit enregistrée renforce le capital humain. C’est ce que la France, le Rwanda, le Cap-Vert… et bien d’autres pays ont compris. La Côte d’Ivoire tente tant bien que mal d’adresser la question de l’identification. Le 11 décembre 2019, le pays croyait avoir trouvé la solution avec le lancement du Registre national des personnes physiques (Rnpp). Ce cadre était censé être le résultat croisé des expériences en la matière dans des pays développés, mais aussi le croisement des expériences en matière de technologies de dernière génération. Mais on se retrouve encore en 2021 à parler de recensement général de la population et de l’habitat.

A lire aussi: Recensement de la population : Les pesanteurs qui minent l’opération

Normalement, depuis cette date, la Côte d’Ivoire devait avoir recours aux systèmes électroniques d’enregistrement de l’état civil. Comme au Rwanda, l’une des meilleures expériences serait de fournir des services d’enregistrement des naissances dans les maternités ou hôpitaux. L’enregistrement des enfants, effectué immédiatement après la naissance dans les établissements de santé, sur présentation d’une pièce d’identité de la mère permet de leur octroyer un identifiant national unique. C’est l’élément essentiel pour effectuer le suivi des enfants et de leur croissance. Les parturientes ou les pères n’ont plus à se déplacer jusqu’à une mairie pour déclarer leurs nouveau-nés. Ce qui réduit les risques de non-déclaration.

Cette procédure d’identification de proximité et décomplexifiée permet de s’assurer qu’à une identité correspond une personne et une seule. Plus donc besoin de faire de recensements. Puisque cette réforme voulue par le Président Alassane Ouattara devait contribuer à moderniser le système d’état civil du pays en disposant d’une base de données personnelles des Ivoiriens et des étrangers résidents ou de passage en Côte d’Ivoire. Comme dans les pays cités plus haut, cette opération visait à enregistrer toutes les naissances et les autres faits d’état civil. Surtout de produire des titres d’identité fiables et sécurisés pour suivre la mobilité des personnes et contrôler au mieux le flux migratoire. Chacun devait se voir attribuer un numéro unique d’identification qui doit le suivre jusqu’à ce qu’il sorte des fichiers, à sa mort.

Lire aussi: Recensement de la population : Les pesanteurs qui minent l’opération

Identifiant unique. Avec la réforme de l’identification et de l’état civil, toute personne vivant ou séjournant en Côte d’Ivoire, ou encore tout Ivoirien vivant à l’extérieur, devait disposer de son identifiant unique appelé Numéro national d’identification (NNI). Cette identification doit éviter notamment les cas d’homonymies. Il se peut que deux individus, comme c’est courant chez nous, s’appellent Coulibaly Kassoum ou Konan Kouadio Bernadin. Et dans bien de cas, les parents de ces personnes peuvent le même nom également. C’est donc le NNI qui évite toute confusion possible.

Le fichier unique de la population. Le document d’orientations stratégiques du Plan national de développement (PND 2016-2020) de la Côte d’Ivoire a défini les grandes orientations.

Selon le document, cette solution contribuera à réduire le sentiment et les risques d’exclusion, de marginalisation, d’apatridie et de conflits d’identité.

Lire également: Etat civil: 2 millions d’enfants sans extraits de naissance

La mise en œuvre du fichier doit s’appuyer sur des documents édictés par l’état civil (actes de naissance, de mariage, de décès…) et également des informations recueillies auprès d’autres sources officielles comme les structures qui établissent les pièces d’identité et les passeports. Les écoles et les universités devraient également être mises à contribution. L’objectif étant de constituer une banque de données fiables pour identifier chaque individu.

L’expérience engagée au niveau des entreprises avec l’identification unique des entreprises avec le numéro d’Identifiant Unique (IDU) pourrait être étendue à toute la population. Parce que ce système se substitue à trois numéros attribués lors de l’immatriculation au registre du commerce, de la déclaration fiscale d’existence à la Direction générale des impôts et à l’enregistrement à la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps). Cela vise à améliorer l’environnement des affaires et à simplifier, dématérialiser les procédures tout en assurant une traçabilité et une fiabilité des données. 

Bakayoko Youssouf

Related posts

PDCI : les vraies raisons du faux exil de Tidjan Thiam

Dialogue CEDEAO-AES : Ouattara échange avec Lansana Kouyaté avant le début de sa mission

Attaques terroristes au Mali : « Nos frontières sont protégées » (porte-parole du gouvernement ivoirien)

Le site Web nordsud utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Lire la suite