Droits humains en Côte d’Ivoire : Amnesty International salue des avancées notables

Hervé Delmas Kokou a salué la mise en place en cours de l’Observatoire national de la détention.

La Côte d’Ivoire enregistre des progrès significatifs en matière de droits de l’homme, même si des efforts restent nécessaires pour garantir l’application effective des textes adoptés. C’est entre autres l’un des points positifs relevés ce mardi 21 avril par Hervé Delmas Kokou, directeur exécutif d’Amnesty International Côte d’Ivoire, à l’occasion du lancement du rapport annuel 2025-2026 de l’organisation.

S’exprimant lors de cette présentation, le responsable d’Amnesty International a salué les avancées institutionnelles et juridiques réalisées par l’État ivoirien ces dernières années. « Nous menons des actions avec l’Etat de Côte d’Ivoire, avec le CNDH, avec le ministère de la Justice, avec la Primature…, pour que les droits humains soient au centre », a-t-il révélé, non sans saluer une dynamique de collaboration entre les autorités publiques et les organisations de défense des droits humains.

Selon lui, « l’Etat de la Côte d’Ivoire est assez exceptionnel ». Du point de vue du spécialiste des droits humains, « on peut affirmer haut et fort, au regard des acquis, que la Côte d’Ivoire est très avancée ». Il cite notamment le cadre constitutionnel et légal mis en place depuis l’adoption de la Constitution de 2016, qui consacre des libertés fondamentales.

Au-delà de ces garanties constitutionnelles, le pays s’est doté d’instruments juridiques spécifiques visant à renforcer la protection des acteurs engagés dans la défense des droits humains. « Je prends le cas des défenseurs des droits humains dans lequel nous sommes, avec la Constitution de 2016, qui garantit tous les droits qu’il faut : liberté d’expression, liberté de manifestation (…) On est allé plus loin, on a une loi pour les défenseurs des droits humains. Il y a un décret d’application de ces lois… », a-t-il souligné.

Toutefois, malgré ces avancées jugées importantes, Amnesty International pointe des insuffisances dans la mise en œuvre concrète de ces dispositions. « Mais, le grand défi, c’est au niveau de l’application de ces lois et, c’est ce que nous dénonçons parce qu’on se dit que l’autorité, en prenant ces lois, c’est pour assurer le bien-être des populations. Malheureusement, la réalité est toute autre (…) », a regretté Hervé Delmas Kokou.

Le défenseur des droits humains a également replacé ces enjeux dans un contexte international marqué par des mutations profondes. « Aujourd’hui, le monde est en train de se transformer. On voit un monde où le droit international n’existe plus ; on voit un monde où certains pays s’en prennent à d’autres (…) », a-t-il déploré, appelant à une mobilisation accrue des acteurs des droits humains.

Face à ces évolutions, il a insisté sur la nécessité de renforcer la vigilance et l’engagement collectif. « Face à cela, nous devons résister (acteurs des droits humains). Nous essayons de jouer notre rôle face à la destruction du droit international », a-t-il déclaré.

Enfin, Amnesty International Côte d’Ivoire a appelé à une plus grande collaboration des populations, notamment dans la documentation des atteintes aux droits humains. « Nous demandons à la population de collaborer avec nous parce que nous travaillons avec les preuves  », a conclu Hervé Delmas Kokou.

MD

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