Élections, Coges, rackets à l’école, etc. : Mariatou Koné annonce la couleur

La réunion de rentrée scolaire a eu lieu ce lundi au Lycée classique d’Abidjan.

La ministre de l’Éducation nationale et de l’alphabétisation a tenu sa traditionnelle réunion de rentrée ce lundi au Lycée classique d’Abidjan. Avec pour thème : « L’éducation de qualité, levier de transformation durable de la Côte d’Ivoire », la rencontre a été le cadre pour aborder plusieurs sujets. Parmi les plus attendus, le paiement de la prime des enseignants. 

Présidentielle

À ce sujet, Mariatou Koné a évoqué le sommet mondial des enseignants, tenu du 28 au 29 août dernier au Chili. « A ce sommet, la Côte d’Ivoire était une vitrine. Pourtant, à l’intérieur, on se plaint. Mais, à l’extérieur, tout le monde reconnaît les efforts faits par le président Alassane Ouattara », s’est réjouie la ministre. Sans toutefois entrer dans le fond, elle a notamment provoqué dans la foule, la réaction des enseignants, venus nombreux à cette réunion de rentrée, dans l’espoir d’entendre la bonne nouvelle. Si elle n’a pas donné de réponse définitive sur les primes, Mariatou Koné a toutefois félicité le Premier ministre Robert Beugré Mambé « pour le traitement bienveillant des revendications des personnels éducatifs ». Peut-être, un bon présage au 15 septembre prochain, date à laquelle le gouvernement donnera sa réponse quant aux paiements desdites primes. Cependant, une autre préoccupation demeure. À quelques semaines de l’élection présidentielle, la ministre a surtout appelé à la responsabilité de chacun. « Quelles soient nos appartenances, l’école en tant que bien collectif, doit être préservée des enjeux politiques (…) L’école n’a pas de colleur politique », a fait savoir professeur Mariatou Koné.

Coges

La ministre est aussi revenue sur les Comités de gestion des établissements scolaires (Coges). L’État a décidé, selon elle, de supprimer les cotisations des parents, avec sa politique de gratuité de l’école et subventionne désormais les Coges à hauteur de plus de 18 milliards FCFA par an. Mais, depuis cette décision, il y a environ 3 ans, le nombre de Coges est passé de 10 900 à 12 628. Toutefois, a rassuré la ministre, les mécanismes de financement se mettent en place progressivement, « même si tout n’est pas parfait ». D’après elle, s’il existe encore des dysfonctionnements dans le dispositif de paiement, « la responsabilité incombe en grande partie aux Coges eux-mêmes ». Plusieurs parmi eux, à l’entendre, ont des problèmes de comptes.

Autre sujet évoqué par la ministre : certaines mauvaises pratiques à l’école auxquelles elle compte mettre fin. Des agents dans les directions régionales de l’Éducation nationale, a informé la ministre, continuent de demander de l’argent aux parents d’élèves dans la mise en œuvre de leur demande de transfert. Ce qu’elle a condamné. Certains directeurs de Cafop, dit-elle, font cotiser les stagiaires pour organiser leurs fêtes d’anniversaires. De même, des directeurs de Cafop font des recrutements parallèles, selon Mariatou Koné. Ainsi, beaucoup de soi-disant élèves-maîtres qu’ils recrutent, se retrouvent dehors, parce qu’ils ne sont pas connus des fichiers. Tous ceux qui seront reconnus coupables, a promis la ministre, seront sanctionnés. Par ailleurs, certains l’ont déjà été et ne sont plus à leur poste.

Raphaël Tanoh

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