Les fausses alertes d’enlèvement de personnes sont si fréquentes que les organisations de défense des droits de l’homme sont devenues prudentes. «Nous avons été saisis dans le temps pour des cas d’enlèvements. Après nos investigations, nous avons constaté que les personnes signalées par leurs familles avaient été soit arrêtées par la police, soit retrouvées peu de temps après», explique Drissa Bamba, président du Mouvement ivoirien des droits humains (Midh). «De mémoire de président de la Lidho, et j’irai même loin, de mémoire de militant, je n’ai jamais été saisi pour un cas d’enlèvement qui s’est avéré ‘’vrai’’. Parfois, des gens cagoulés en armes viennent prendre des personnes. Mais en réalité, c’est la police. Et on les retrouve toujours en prison. Nous ne nous saisissons d’une affaire que lorsqu’il y a des éléments matériels, des preuves pour attester qu’il y a véritablement eu enlèvement», ajoute Neth Willy Alexandre, le président de la Ligue ivoirienne des droits de l’Homme (Lidho).
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Albinos. On pourrait croire que les personnes vulnérables sont la cible des enlèvements en Côte d’Ivoire. Mamidou Coulibaly, président de l’ONG Bien-être des Albinos (Bedaci), reste pourtant prudent. «On a vu des cas de sacrifices rituels, notamment en 2015, pratiqués sur des enfants. Mais, c’est très isolé. Les albinos font partie des personnes les plus viseés. Mais jamais en Côte d’Ivoire, aucun albinos en a été victime», explique-t-il. Pour lui, si les crimes rituels étaient courants dans le pays, ils en auraient pâti.
Raphaël Tanoh