Hassan Camara (Mosquée Médine d’Adjamé) : «Le Hadj ne doit pas aller dans les mains du privé»

L’Imam Hassan Camara pense que l’Etat doit toujours organiser le hadj.

Certains organisateurs privés demandent que l’Etat laisse l’organisation du Hadj entre les mains de structures privées. Est-ce l’avis de tout le monde au sein de la communauté musulmane ?

Absolument pas. Nous avons toujours milité pour que l’Etat garde l’organisation du hadj. Ces personnes ne parlent pas au nom de toute la communauté musulmane.

Dans le passé, n’est-ce pas le privé qui organisait le Hadj ?

C’est exact. En ce moment-là, la Côte d’Ivoire ne disposait pas d’une ambassade de l’Arabie Saoudite sur son territoire. Les pèlerins partaient prendre leurs visas à l’étranger.

Le hadj était bien organisé

C’est vrai.

Comment comparez-vous cette période à maintenant ?

Je trouve que le hadj, par rapport à cette époque, est très bien organisé. Aujourd’hui, quand vous êtes pèlerins ivoiriens, vous n’avez rien à envier aux autres. À la Mecque, les Ivoiriens sont logés près des lieux saints. Il faut dire que depuis que l’Etat a pris en main l’organisation du Hadj, il met le paquet. Plusieurs fois, le comité d’organisation a reçu des félicitations des autorités saoudiennes. Pourquoi voudrions-nous que cela change ?

Le pèlerinage est-il une affaire d’Etat ?

Ce n’est pas cela le problème. Nous avons suivi le raisonnement des structures privées qui veulent prendre en charge l’organisation du Hadj. Mais, dans leur argumentaire, nous voyons qu’elles ne se soucient pas du bien-être du pèlerin. Tout ce qui les intéresse, c’est comment se faire de l’argent. Ce qui ne va pas du tout avec le pèlerinage.

Vous ne serez donc jamais d’accord pour que l’Etat octroie l’organisation du Hadj au privé ?

Si cela doit arriver un jour, il faudrait alors que l’Etat diminue le nombre de structures privées qui existent. Il y a en a beaucoup. Et, il faudrait aussi que l’Etat octroie l’organisation à des structures comme le Conseil supérieur des imams, des mosquées et des affaires islamiques (Cosim), ou le Conseil national islamique (CNI). Comme cela, en cas de problème, on saura à qui s’adresser.

Entretien réalisé par Raphaël Tanoh

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