Kadio Claude : « On ne peut pas empêcher les étudiants de se reconstituer en association »

Kadio Claude, le président des parents d’élèves et d’étudiants de Côte d’Ivoire (OPEECI) salue la politique des kits gratuits.

Kadio Claude est le président de l’Organisation des parents d’élèves et d’étudiants de Côte d’Ivoire (OPEECI). Il situe les responsabilités dans la violence universitaire.

Le gouvernement vient de dissoudre les associations d’élèves et d’étudiants sur toute l’étendue du territoire. La Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI), n’existe plus. Comment avez-vous accueilli cela ?

En tant que juriste, je reconnais qu’il y a des raisons de dissoudre la FESCI. Il faut prendre conscience qu’on ne fait pas une association pour tuer les gens, pour ouvrir des boîtes de nuits dans les cités. Tout cela allait à l’encontre du bon fonctionnement du système éducatif. Si, en supprimant la FESCI, on peut ramener la paix et d’autres idéologies capables de faire avancer les choses, en tant que parent d’élèves, je dis que c’est bon. Beaucoup de parents n’envoyaient plus leurs enfants dans les universités publiques à cause de la violence.

Les écoles et universités doivent-elles fonctionner sans associations d’élèves et d’étudiants ?

On ne peut pas les empêcher de se reconstituer, avec des idées novatrices. Avec des idées qui peuvent permettre de défendre loyalement, sans violence et sans abus, les intérêts des étudiants. Parce que c’est tout à fait normal que les élèves et étudiants soient défendus, au risque d’être broyés. Ces structures existent parce que les conditions d’apprentissage ne permettent pas d’évoluer. Maintenant, si l’organisation a un contenu violent, il faut le règlementer.

Mais vous, parents, pouvez les défendre à leur place…

Depuis l’indépendance, la Côte d’Ivoire a toujours eu des associations d’élèves et d’étudiants. Dans les années 60 déjà, on avait le Mouvement des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire (MEECI). Ce mouvement est né en même temps que l’Union nationale des parents d’élèves et d’étudiants de Côte d’Ivoire (UNAPEECI), notre première association. La FESCI est née en 1990, à la faveur du multipartisme, qui a débouché sur le pluralisme syndical. C’est à la même époque que l’Organisation des parents d’élèves et d’étudiants de Côte d’Ivoire (OPEECI) a été créée. Ce sont des organisations qui ont été mises en place par l’opposition, à cette époque. Les étudiants défendent eux-mêmes leurs droits.

La faute n’incombe donc pas seulement aux associations d’élèves et d’étudiants ?  

Chaque entité doit pouvoir reconnaitre sa part de responsabilité. Si le gouvernement a trouvé bon de mettre à la disposition des étudiants de la FESCI un siège, cela veut dire que l’association avait le droit d’être là. Ce qu’on doit combattre, c’est le contenu violent que les étudiants ont mis en place. Et ce contenu violent a été entretenu par les pouvoirs successifs.

Croyez-vous qu’ailleurs, il existe des syndicats d’élèves et d’étudiants, comme en Côte d’Ivoire ?

Partout, il y a des associations d’étudiants et de parents d’élèves. Sauf dans quelques rares pays. Je sais que ça n’existe pas au Canada et aux Etats-Unis. En France, on n’a que des associations de parents d’étudiants. Dans les pays d’Afrique, ces organisations naissent à cause des conditions difficiles que les enfants vivent dans les universités.

Entretien réalisé par Raphaël Tanoh

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