Le gouvernement annonce des avancées dans la prise en charge des cancers, tout en alertant sur une flambée de fièvre jaune dans le nord-est du pays, où 23 cas et 11 décès ont été signalés.
La santé publique s’est invitée au conseil des ministres de ce mercredi 14 octobre 2026. À l’ouverture de la réunion, le ministre de la Santé a présenté un état des lieux de la lutte contre le cancer en Côte d’Ivoire, dans le contexte d’octobre Rose, consacré à la sensibilisation au cancer du sein. En fin de séance, le gouvernement a également fait état d’une situation préoccupante liée à la fièvre jaune dans la région du Bounkani.
Le porte-parole du gouvernement a annoncé 23 cas et 11 décès dans la région du Bounkani, au nord-est de la Côte d’Ivoire.
Pour l’heure, selon les informations communiquées, les cas restent concentrés dans cette zone. Le gouvernement affirme disposer de plus de 400 000 doses de vaccin en stock et indique que des doses supplémentaires ont été commandées par précaution.
Les autorités appellent les populations qui ne sont pas encore vaccinées à se faire immuniser. La vaccination constitue, selon le message relayé au conseil des ministres, le principal moyen de prévention de cette maladie.
Ence qui concerne les cancers, selon les chiffres communiqués par le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, la Côte d’Ivoire enregistre environ 20 000 cas par an, toutes formes confondues. Le cancer du sein figure en tête des cancers évoqués en matière de mortalité, devant ceux de la prostate et du col de l’utérus.
Environ 5 000 cas de cancer du sein seraient détectés chaque année, tous sexes confondus. Si la maladie touche très majoritairement les femmes, les hommes peuvent également en être atteints.
Pour améliorer le diagnostic et la prise en charge, les autorités mettent en avant plusieurs structures spécialisées, dont le Centre national d’oncologie médicale et de radiothérapie Alassane Ouattara et l’Institut de médecine nucléaire d’Abidjan, situés à Cocody.
Les centres hospitaliers universitaires d’Abidjan disposent également, selon le gouvernement, d’équipements destinés au dépistage, au diagnostic et à la prise en charge des cancers. À l’intérieur du pays, les hôpitaux généraux sont eux aussi équipés de mammographes. Des dispositifs mobiles de mammographie ont été mis en place afin de rapprocher le dépistage des femmes vivant dans les zones rurales éloignées des structures sanitaires.
Un nouveau centre national d’oncologie médicale et de radiothérapie est par ailleurs annoncé à Grand-Bassam, avec une ouverture envisagée avant la fin de l’année 2026, probablement en décembre.
Le gouvernement souligne également les efforts engagés pour réduire le coût des traitements. Grâce à des conventions conclues avec de grandes firmes pharmaceutiques, certains médicaments dont le prix peut atteindre trois à quatre millions de FCFA seraient désormais accessibles à un coût quasi nul pour les bénéficiaires du dispositif de subvention.
À l’hôpital mère-enfant, un pavillon est consacré aux cancers pédiatriques et environ 90 % des enfants concernés bénéficieraient d’un traitement gratuit, selon les chiffres présentés au cours du compte rendu.
Dans le cadre d’Octobre Rose, les autorités invitent les populations à se faire dépister. Le dépistage est annoncé gratuit dans les formations sanitaires durant ce mois, tandis que le coût de la prestation de mammographie est ramené à 2 000 FCFA.
M. Dossa