Saison des pluies 2026 :  inquiétudes autour des zones à risque à Abidjan

Les saisons des pluies attendues avec appréhension à Abidjan.

À l’approche de la saison des pluies, une inquiétude persistante gagne de nombreux habitants d’Abidjan. Une question revient avec insistance : que font réellement les pouvoirs publics pour prévenir de nouvelles pertes en vies humaines en 2026 ?

Chaque année, les fortes précipitations qui s’abattent sur la capitale économique ivoirienne s’accompagnent de leur lot de tragédies qui ont pour nom, glissements de terrain, inondations, habitations détruites et décès. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 6 morts en 2025 ; 20 en 2024 : 30 en 2023 et 19 en 2022, soit un total officiel de 75 victimes en quatre ans. Un bilan difficilement acceptable au regard du niveau de développement de la ville et du pays.

Face à cette situation, des mesures avaient été engagées en 2024 et 2025 sous l’impulsion du ministre-gouverneur d’Abidjan, avec des opérations de déguerpissement sur certains sites à risque. Ces actions, bien que courageuses, n’ont permis qu’une réduction partielle des dangers. À l’heure où des prévisions annoncent de fortes précipitations pour 2026, atteignant jusqu’à 1 500 mm, la question de leur intensification et de leur extension à l’ensemble du district se pose avec acuité.

Car réduire les risques ne signifie pas les éliminer. Et diminuer le nombre de victimes ne saurait être une finalité acceptable.

De nombreuses zones à risque demeurent en effet non traitées. D’Anyama à Port-Bouët, en passant par Yopougon, Attécoubé ou Koumassi, des milliers de personnes vivent encore dans des conditions précaires, exposées à des dangers imminents. Cette réalité interpelle, d’autant plus que l’inaction ou la lenteur des réponses institutionnelles peut être perçue comme une forme de résignation, voire de complicité face à des drames pourtant évitables.

Certes, une réunion interministérielle s’est tenue le 2 avril 2026 sous l’égide du gouvernement pour anticiper la gestion de la saison pluvieuse. Cette initiative est à saluer. Mais au-delà des concertations, les populations attendent des actions concrètes et visibles sur le terrain.

La problématique du déguerpissement reste toutefois sensible. Déloger des populations implique nécessairement leur relogement, ce qui suppose des moyens financiers et logistiques importants. Pourtant, la protection de la vie humaine, consacrée par la Constitution ivoirienne, devrait primer sur toute autre considération. Reporter les décisions, hésiter à agir ou céder à la pression sociale revient à exposer davantage de vies.

Les regards se tournent désormais vers les mairies, les ministères concernés et surtout le district autonome d’Abidjan. Face à un danger aussi évident, peuvent-ils se permettre l’inaction ? Il est toujours possible de reloger des populations en vie. Mais aucune institution ne peut ramener à la vie ceux qui disparaissent.

Le district, qui a déjà engagé certaines actions ces dernières années, est aujourd’hui attendu sur des mesures plus larges et plus décisives. Les textes lui confèrent la responsabilité d’assurer la sécurité des populations. Il lui appartient donc d’agir avec détermination, sans céder ni à l’immobilisme ni aux pressions.

Une contribution de Pierre Marie Fidèle Esso

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