Sommet extraordinaire de l’UA à Luanda : Tiémoko Meyliet Koné porte la voix de la Côte d’Ivoire

Tiémoko Meyliet Koné a représenté le président Alassane Ouattara à Luanda.

Réunis à Luanda pour le 21e Sommet extraordinaire de l’Union africaine, les dirigeants africains ont adopté un Plan d’action destiné à renforcer les mécanismes de prévention et de résolution des conflits sur le continent. Représentant Alassane Ouattara, Tiémoko Meyliet Koné a défendu la nécessité de rendre ces dispositifs plus réactifs et mieux coordonnés.

L’Afrique veut-elle enfin passer de la gestion des crises à leur prévention véritable ? C’est l’un des enjeux majeurs du 21e Sommet extraordinaire de l’Union africaine, tenu dimanche 30 août à Luanda, en Angola. La rencontre, selon une note d’information de la Présidence de la République, consacrée au renforcement des mécanismes africains de prévention et de résolution des conflits, intervient alors que plusieurs régions du continent restent confrontées à des crises politiques, sécuritaires et institutionnelles.

Représentant le président ivoirien Alassane Ouattara, le vice-président Tiémoko Meyliet Koné a pris part aux travaux aux côtés des chefs d’État et de gouvernement de l’organisation panafricaine.

À l’ouverture du sommet, selon le document consulté par nordsud.info, le président angolais João Manuel Lourenço, également champion de l’UA pour la paix et la réconciliation en Afrique, a appelé à un changement d’approche. Pour lui, les nombreux mécanismes dont dispose l’organisation panafricaine doivent désormais être transformés en instruments véritablement opérationnels.

Conseil de paix et de sécurité, Système continental d’alerte précoce, Groupe des Sages, Force africaine en attente ou encore Fonds pour la paix…, l’UA dispose déjà d’un arsenal institutionnel relativement important. Mais leur efficacité demeure inégale.

Le président en exercice de l’Union africaine, le Burundais Évariste Ndayishimiye, a lui-même reconnu cette faiblesse. Malgré les dispositifs existants permettant de détecter les premiers signes d’une crise, l’Afrique intervient encore trop souvent lorsque les situations ont déjà atteint un niveau critique.

Une situation qui pose la question de la capacité réelle de l’organisation à anticiper les crises plutôt qu’à en gérer les conséquences.

Dans ce débat, Tiémoko Meyliet Koné a défendu la position ivoirienne. Le vice-président a estimé que le bilan contrasté de la mise en œuvre des mécanismes africains imposait de revoir leur fonctionnement afin de les rendre plus réactifs, mieux coordonnés et davantage adaptés aux réalités actuelles du continent.

Pour le vice-président ivoirien, l’anticipation ne peut toutefois pas reposer uniquement sur les structures continentales. Elle doit également s’appuyer sur une véritable appropriation nationale des instruments de prévention des conflits.

Le représentant d’Alassane Ouattara a ainsi insisté sur la nécessité d’une meilleure coordination entre l’Union africaine, les communautés économiques régionales et les États membres. Il a également appelé au renforcement du partenariat stratégique avec les Nations unies, dans le respect des priorités définies par l’Agenda 2063.

Au-delà des dispositifs institutionnels, la Côte d’Ivoire a plaidé pour une action plus déterminée sur les facteurs structurels qui alimentent les crises africaines.

Pauvreté, inégalités, exclusion, fragilité des institutions et atteintes aux droits humains figurent parmi les principaux facteurs d’instabilité identifiés par Tiémoko Meyliet Koné. Une manière de rappeler que la prévention des conflits ne saurait être réduite à la seule réponse sécuritaire.

Le sommet de Luanda entend ainsi privilégier une approche davantage tournée vers les causes profondes des crises. Une orientation également défendue par Évariste Ndayishimiye, qui a appelé les États africains à ne plus se limiter aux causes immédiates des conflits, mais à intervenir suffisamment tôt sur leurs racines.

À l’issue des travaux, les chefs d’État et de gouvernement ont adopté le projet de Décision, le Plan d’Action de Luanda ainsi que sa Matrice de mise en œuvre. Trois documents censés permettre de traduire les engagements politiques en mesures concrètes.

En marge du sommet, Tiémoko Meyliet Koné s’était entretenu samedi 29 août avec João Manuel Lourenço au palais présidentiel angolais. Il lui a transmis le soutien et la confiance d’Alassane Ouattara pour la réussite des travaux. Le président angolais a, pour sa part, salué la trajectoire de développement de la Côte d’Ivoire, impulsée par son homologue. Il a présenté la Côte d’Ivoire comme un exemple de pays ayant fait le choix de la paix et de la stabilité pour donner la priorité à son développement économique et à l’amélioration des conditions de vie de ses populations.

Au terme des travaux, Tiémoko Meyliet Koné a regagné Abidjan dimanche en début de soirée.

M. Dossa

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