Festival Eh Klô N’goha 2026 : la noix de cajou au cœur de la valorisation du patrimoine baoulé

par nordsud.info
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La deuxième édition du Festival Eh Klô N Goha a placé la noix de cajou au centre de ses activités, avec pour ambition de promouvoir sa consommation dans les mets ivoiriens tout en mettant en avant ses vertus nutritionnelles et thérapeutiques. Organisé le samedi 1er août 2026 à Bingerville, l’événement a réuni la communauté baoulé, des cadres de la préfecture de N’Douci ainsi que plusieurs invités autour d’un même objectif : valoriser les richesses du terroir et préserver les anciennes traditions.

Dans un décor inspiré du village baoulé, les festivaliers ont partagé des mets confectionnés à base de noix de cajou, découvert une diversité de produits dérivés et assisté à des représentations théâtrales retraçant l’histoire et les valeurs de la culture baoulé. Cette deuxième édition s’inscrit dans la continuité du festival lancé en 2025. Après avoir mis l’accent sur les 36 commandements baoulés, la langue et les valeurs culturelles, les organisateurs ont choisi cette année d’ajouter un nouveau volet consacré à la promotion de la noix de cajou. Une occasion pour les visiteurs de découvrir les nombreuses possibilités de transformation de ce fruit à travers des mets, des pâtisseries, des produits cosmétiques, mais aussi des boissons telles que le vin et la liqueur de cajou.

Pour la présidente du comité d’organisation, Denise Aya Yao, épouse de M. Koffi Yao Malanguy, initiateur du festival, cette initiative répond à un besoin de sensibilisation.

« Chez nous, dans le centre de la Côte d’Ivoire, la noix de cajou est abondamment cultivée. Pourtant, beaucoup de nos parents, frères et sœurs ignorent encore ses bienfaits. Il nous revient donc de leur montrer qu’elle peut être consommée sous plusieurs formes, en sauce avec du poulet, en friandises, en vin ou encore en liqueur. Il existe de nombreux produits dérivés. Cette promotion permettra aux producteurs de mieux apprécier ce qu’ils cultivent et de poursuivre leurs efforts », a-t-elle décliné. Elle a également souligné que de nombreux planteurs ne mesurent pas encore toute la valeur économique et nutritionnelle de cette culture.

« Aujourd’hui, les populations comprennent progressivement que la noix de cajou est bénéfique pour la santé. Elle peut notamment être consommée par les personnes diabétiques. Nous voulons encourager les producteurs à poursuivre cette culture, car l’anacarde représente une véritable richesse qui dépasse les frontières de notre pays », a ajouté Mme Yao. La responsable du comité d’organisation a annoncé que les prochaines éditions mettront également en lumière d’autres cultures locales, identifiées avec les chefs et les anciens des villages, afin de transmettre ce patrimoine aux jeunes générations.

Parmi les participants, Jean Yvan Milliard, présent pour la deuxième année consécutive, s’est dit satisfait de l’évolution du festival. « C’est un festival qui grandit d’année en année. Comme toute initiative, les débuts sont difficiles, mais aujourd’hui on prend toujours plaisir à y participer. La promotion de notre culture est essentielle. Tout le monde connaît le cacao, mais la noix de cajou reste encore méconnue de nombreux Ivoiriens. Pourtant, elle offre d’énormes possibilités. Participer à ce festival permet de découvrir toute l’importance de ce fruit et de mieux comprendre notre patrimoine culturel. Ce que j’apprécie également, c’est la place accordée à la langue baoulé, qui est parlée dans toute sa richesse », a-t-il témoigné.

En clôture de cette première étape du festival, Denise Aya Yao a annoncé la tenue de la deuxième phase le 29 août prochain à N’Douci. « Eh Klô N’goha signifie « les choses de chez nous ». Le 29 août, nous organiserons des concours de contes et de chants. Nous avons constaté que les jeux de clair de lune, qui faisaient autrefois partie de notre quotidien dans les villages, disparaissent progressivement avec l’arrivée de l’électricité. Nous voulons ramener les enfants vers leur culture afin qu’ils préservent les valeurs que nous avons connues et qu’ils comprennent la différence entre la vie en ville et celle du village », a informé la présidente du comité d’organisation.

BN

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