La France ne fait pas son marché en Afrique

par NORDSUD
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Les 15 pays de la zone franc ne représentent que 0,6% du commerce extérieur français. Les exportations françaises vers ces pays sont inférieures à celles destinées à la seule République tchèque. N’empêche. Une certaine opinion tente, par tous les moyens, de faire croire que le budget de la France est construit à partir des mannes qu’elle tire de l’Afrique, et surtout de la zone franc. La réalité est tout autre pourtant.

Le Conseil des ministres français a adopté le 7 juillet 2022 le projet de loi de finances rectificative pour 2022 (PLFR). Le besoin de financement de l’État pour 2022 a été révisé à 311,0 milliards d’euros, soit +13,4 milliards d’euros par rapport à la Loi de finances initiale (LFI). Un sacré montant.

Voyons à présent ce qu’il en est de la balance commerciale de la France avec l’Afrique.

Les plus gros clients africains de la France en termes de valeurs se trouvent dans la région nord du continent : 4,9 milliards € d’achats pour l’Algérie, 4,75 milliards pour le Maroc, 3,3 milliards pour la Tunisie et 2,3 milliards pour l’Égypte, avec une exception notable pour l’Afrique du Sud et sa facture record de 5,2 milliards.

En Afrique subsaharienne, la Côte d’Ivoire (1,1 milliard d’euros) et le Sénégal (1 milliard d’euros) sont aussi de gros acheteurs.

Pour ce qui est des vendeurs, l’Afrique du Nord reste en tête avec le Maroc (5,5 milliards €), la Tunisie (4,5 milliards) et l’Algérie (4,2 milliards). Viennent ensuite le Nigéria (3,7 milliards), la Libye (1,4 milliard) et l’Afrique du Sud (1,3 milliard).

D’après les Douanes françaises, les exportations de la France vers les pays de l’Uemoa se chiffrent à 3,4 milliards d’euros en 2021, en hausse de 10,8% par rapport à 2020.

Cela correspond à respectivement 76% et 35% des exportations françaises vers la Cedeao (4,5 milliards d’euros) et l’Afrique subsaharienne (9,8 milliards d’euros). La sous-région abrite deux des trois premiers clients de la France en Afrique subsaharienne, à savoir la Côte d’Ivoire (1,4 milliard d’euros, 2ème) et le Sénégal (814 millions d’euros, 3ème).

A l’inverse, deux pays ont enregistré un recul des exportations françaises: le Burkina Faso (-6,3% à 301 millions d’euros, notamment du fait de la baisse de ventes d’équipements mécaniques et de matériel électrique) et le Niger (-8,2% à 108 millions d’euros).

Et comme les néo-panafricanistes voient la France comme la source de tous leurs malheurs, il y a une méprise sur sa présence sur le continent. Au cours d’une des ses premières interview, le capitaine Ibrahim Traoré, le nouveau patron de la junte au pouvoir au Burkina Faso entend revoir les termes du partenariat avec la France.

Prié par le journaliste de bien préciser sa pensée, il indique : «Oui, je pense que la France même est en train de changer les termes de ses partenariats avec beaucoup de nations. Nous voulons aussi discuter des termes du partenariat avec la France. Il y a des choses à améliorer, et peut-être qu’il y a des choses à abandonner, mais tout ce qui peut être amélioré doit être fait ».

Le temps nous dira ce que Ibrahim Traoré entend réellement négocier au regard de la réalité des faits.

Bakayoko Youssouf

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