La Côte d’Ivoire a célébré, ce vendredi 7 août 2026, le 66e anniversaire de son accession à l’indépendance. Comme annoncé par le gouvernement, les festivités nationales se sont déroulées à Yopougon, dans une atmosphère à la fois solennelle et festive, en présence du président de la République, Alassane Ouattara, de son épouse Dominique Ouattara, des membres du gouvernement, des présidents d’institutions, des élus, des diplomates accrédités en Côte d’Ivoire et de plusieurs personnalités étrangères.
Parmi les invités de marque figuraient notamment le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, ainsi que des représentants de la Guinée et de l’Inde.
Durant près de trois heures, la cérémonie a alterné séquences militaires et prestations culturelles, avec en point d’orgue la traditionnelle parade des forces de défense et de sécurité. Des contingents venus du Bénin, du Gabon, de la Guinée et de l’Inde ont également pris part au défilé, aux côtés des militaires ivoiriens.
Sur le boulevard de la Solidarité, notamment aux abords du carrefour Kenya, une foule nombreuse s’était massée pour assister au spectacle. Pour beaucoup de spectateurs, la parade militaire a constitué l’un des moments forts de cette célébration.
« Notre armée nous rend tellement fiers que j’ai des frissons », témoigne Amidou Traoré, venu de Cocody pour assister aux festivités. Le colonel Koua, des Affaires maritimes, a, lui, relevé les innovations introduites au fil des éditions. « Chaque année, on sent des innovations », a indiqué le militaire.
Cette démonstration militaire intervenait dans un contexte où le chef de l’État a tenu, dans son adresse à la nation prononcée la veille, à saluer le professionnalisme des forces de défense et de sécurité.
Alassane Ouattara leur a rendu un « vibrant hommage », estimant qu’elles jouent un rôle essentiel dans la préservation de la paix et de la sécurité sur l’ensemble du territoire national. Un hommage qui prend une résonance particulière alors que la Côte d’Ivoire, comme plusieurs pays de la région, demeure confrontée aux défis sécuritaires, notamment à la menace terroriste.
Pour le président de la République, le 7 août doit cependant dépasser la seule dimension militaire. Il doit être avant tout un moment de rassemblement autour des valeurs qui fondent la République et une occasion de rendre hommage à toutes les forces vives de la nation : agriculteurs, ouvriers, commerçants, entrepreneurs, enseignants, personnels de santé, artisans, artistes, femmes et jeunes.
Le choix de Yopougon pour accueillir la célébration nationale participe de cette volonté. Après Bouaké en 2025, le retour de la fête de l’Indépendance à Abidjan traduit, selon Alassane Ouattara, l’ambition de faire de cette célébration un moment partagé aussi bien dans les capitales économique et politique que dans les villes de l’intérieur du pays.
La dimension culturelle n’a pas été en reste. La cérémonie officielle s’est achevée par un défilé civil animé notamment par le Ballet national de Côte d’Ivoire, avec une attraction particulière : la présence du Djidji Ayôkwé, le célèbre tambour parleur du peuple atchan.
Bien plus qu’un instrument traditionnel, ce tambour est chargé d’une forte dimension historique et symbolique. Confisqué en 1916 par l’administration coloniale française, il avait été transféré en France avant d’intégrer les collections nationales françaises. Sa restitution officielle à la Côte d’Ivoire a été actée à Paris le 20 février 2026, avant son retour matériel à Abidjan le 13 mars 2026.
Sa présence lors de cette célébration de l’Indépendance donne donc une dimension particulière à la fête : celle d’une nation qui célèbre son histoire, tout en renouant avec des éléments de son patrimoine longtemps conservés hors de ses frontières.
Si la partie officielle s’est achevée avec le cérémonial militaire et civil, les festivités, elles, se poursuivent à Yopougon. Le « Village de l’Indépendance », mis en place par le comité local d’organisation présidé par le député-maire Adama Bictogo, doit prolonger l’ambiance festive auprès des populations.
La veille, le « Concerto de l’Indépendance » avait déjà réuni plusieurs artistes, dont le groupe Magic System.
Marc Dossa
