Alors que la saison des pluies, période redoutée pour ses inondations meurtrières, notamment dans la capitale économique ivoirienne, se signale déjà, le ministre-gouverneur du district d’Abidjan a décliné, ce mardi 14 avril 2026, une série de mesures destinées à prévenir les inondations et leurs conséquences. Face aux médias, Ibrahima Cissé Bacongo a clairement établi le lien entre les drames récurrents enregistrés et la persistance du désordre urbain.
« Cette conférence intervient à l’approche de la saison des pluies qui, comme vous le savez, est un moment critique et d’angoisse tant pour les populations que pour le district », a-t-il indiqué, avant d’alerter sur les causes profondes des catastrophes. « Les pluies qui s’abattent sur la capitale économique, du fait des constructions anarchiques, de la prolifération des quartiers précaires dans les zones à risques, créent la désolation voire des tragédies. »
Dans ce contexte, le district entend intensifier ses actions préventives. Le ministre-gouverneur a annoncé « le renforcement des opérations d’assainissement à l’approche de la saison des pluies », avec pour priorité la libération des voies d’évacuation des eaux et la sécurisation des zones exposées.
Ces mesures visent à éviter la répétition des bilans humains lourds enregistrés ces dernières années. « Ce sont 19 morts qui ont été déplorés en 2022, 30 en 2023. Grâce aux actions menées dans la douleur et les conditions très difficiles, la tendance a été inversée », a-t-il rappelé.
Lutte de longue haleine contre le désordre urbain
Au cœur de la stratégie du district, la restauration de l’ordre urbain demeure un axe central. « La restauration de l’ordre urbain n’est pas une donnée, mais un chantier de longue haleine. Elle exige de la patience, de la pédagogie, du volontarisme et de la résilience », a insisté l’ancien maire de Koumassi.
Pour faire face à ce défi, la Brigade spéciale de lutte contre le désordre urbain poursuivra ses opérations sur le terrain. Sa mission, « la libération des emprises des grandes artères, des espaces publics squattés et des espaces non constructibles », mais aussi « la surveillance des zones déguerpies afin d’éviter leur recolonisation ».
Dans la même dynamique, le successeur de Robert Beugré Mambé à la tête du district d’Abidjan, entend maintenir la pression contre certaines pratiques jugées incompatibles avec une ville moderne. Cissé Bacongo a rappelé que la brigade veille également « à l’application de l’Arrêté interdisant le commerce ambulant, la pratique de la mendicité et l’usage des charrettes à bras ».
Des actions qui commencent à porter leurs fruits, selon le conférencier, entouré pour l’occasion de certains de ses plus proches collaborateurs, notamment le maire d’Attécoubé, Paulin Claude Danho. « Les résultats enregistrés, depuis son déploiement sur le terrain sont plus qu’encourageants et méritent d’être consolidés », a-t-il souligné.
Sensibilisation et adhésion des populations
Au-delà des mesures coercitives, les autorités misent sur la communication pour susciter l’adhésion des populations. « Les actions qui sont préconisées feront l’objet de communication et de sensibilisation pour expliquer leur bien-fondé et susciter une adhésion collective à leur mise en œuvre », a assuré Cissé Bacongo.
Des campagnes de proximité sont ainsi prévues, de même qu’une communication préventive avant chaque opération majeure, en lien avec les maires des 13 communes d’Abidjan.
En filigrane, le ministre-gouverneur a lancé un appel à la responsabilité partagée. « Abidjan ne peut durablement prétendre au rang d’une grande métropole de son temps que si elle est débarrassée de toutes les formes de désordre qui l’enlaidissent, la rendent vulnérable et obèrent sa visibilité », a-t-il martelé.
Marc Dossa